Liz Truss, l'éphémère Première ministre britannique

En chute dans les sondages et lâchée par son parti, la Première ministre britannique peut-elle tenir ?

TG
Publié le 18 octobre 2022 à 16h29
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Un mois et demi après son arrivée à Westminster, Liz Truss vit une crise politique sans précédent au Royaume-Uni.
Humiliée suite à l'abandon forcé de son programme économique, la Première ministre est poussée vers la sortie par son propre camp.

Six semaines au pouvoir et déjà sur un siège éjectable. Liz Truss, qui a pris les rênes de Downing Street début septembre, a essuyé une série de revers sur ses promesses de campagne qui pourrait faire d'elle le Premier ministre ayant eu le plus court mandat jamais connu outre-Manche. Un scenario encore inconcevable il y a encore quelques semaines.

Celle qui se voyait en héritière de Margaret Thatcher avait en effet été élue avec un programme clair : moins d'impôts, moins d'État, plus de libre-échange. Au sein de l'opinion publique, Liz Truss était bien connue, elle qui était depuis un an la cheffe de la diplomatie du Royaume-Uni. Son expérience au sein de plusieurs ministères et sa loyauté à Boris Johnson avaient aussi rassuré.

"Croissance, croissance, croissance"

Las, après un début de mandat perturbé par le décès de la reine Elizabeth II, Downing Street vacille. Le 23 septembre, son ministre des Finances – et ami proche - Kwasi Kwarteng annonce son plan de baisses d'impôts massifs. Problème : les marchés s'affolent, la livre plonge, obligeant la Banque d'Angleterre à intervenir pour stabiliser la situation.

À la conférence de son parti conservateur début octobre, la crise éclate au grand jour. Dans une première volte-face le 5 octobre, Liz Truss renonce à baisser le taux d'imposition des plus riches. "Croissance, croissance, croissance", répète-t-elle sans rassurer ni les sceptiques de son parti, ni les marchés de plus en plus nerveux. Une semaine plus tard, la Première ministre exclut devant les députés toutes réduction des dépenses publiques… tout en promettant de maintenir les baisses d'impôts. De quoi ajouter des doutes sur sa politique.

Liz Truss "désolée" pour ses "erreurs"

Une politique que son propre camp ne parvient plus à suivre. Dès le lendemain, des conservateurs évoquent une liste de noms qui circulent pour la remplacer à Downing Street. Pour tenter de sauver sa tête, Liz Truss sacrifie celle de Kwasi Kwarteng. Au cours d'une conférence de presse vendredi où elle présente son nouveau ministre des Finances, Jeremy Hunt, censé insuffler un nouvel élan, la Première Ministre apparait affaiblie, et tourne les talons au bout de 8 minutes. Après un weekend loin de la tempête médiatique, Liz Truss est réapparue lundi. Plus proche de la sortie que jamais : à Westminster, la dirigeante est restée silencieuse, le regard vide, pendant que son gouvernement affrontait l'opposition. Dans une interview contrite à la BBC lundi soir, la cheffe du gouvernement a répété qu'elle est "désolée" pour ses "erreurs", estimant avoir voulu aller "trop loin trop vite".

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Pas sûr que ses citoyens acceptent ses excuses. D'après l'institut YouGov, un Britannique sur dix a une opinion favorable de la Première ministre. Ce pourcentage grimpe seulement à 20% chez les électeurs du parti conservateur.  Et 55% des membres de cette formation politique estiment que Liz Truss devrait démissionner alors que 38% souhaitent qu'elle reste en poste. Un tiers voudraient même que Boris Johnson revienne au pouvoir. 

Au sein des Tories, son propre parti, les appels à la démission se sont multipliés. Un premier test politique majeur l'attend mercredi avec sa séance hebdomadaire de questions-réponses au Parlement. "Sa position est intenable", a déclaré le député Charles Walker. Cette situation "peut seulement être corrigée" avec "un nouveau Premier ministre". 


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