Le Royaume-Uni fait face, depuis de longs mois, à des grèves massives, en raison d'une hausse déraisonnée du coût de la vie.
Dans l'espoir d'obtenir de meilleurs salaires, les employés du secteur public britannique ont annoncé, mardi 28 mars, une série de grèves en avril.
Plusieurs administrations seront impactées, avec un débrayage "total" attendu à la fin du mois.

Un climat de grève s'installe partout en Europe. Alors que la grogne sociale s'étend en France, dans le sillage de la réforme des retraites, et en Allemagne, où une mega-streik (une méga-grève, en allemand) a paralysé les transports, la contestation continue de prendre de l'ampleur au Royaume-Uni. Dans un contexte d'inflation galopante, les employés du secteur public britannique ont annoncé, mardi 28 mars, une série de grèves en avril dans plusieurs administrations, pour demander notamment de meilleurs salaires face à la crise du coût de la vie, qui culminera à la fin du mois avec un débrayage "total".

Des employés de l'administration chargée d'émettre les passeports seront en grève pour cinq semaines dans plusieurs villes du pays à partir du 3 avril, en pleines vacances de Pâques, a indiqué dans un communiqué PCS, premier syndicat du secteur public. Le 28 avril, "plus de 130.000 adhérents du PCS seront en grève (...) pour augmenter la pression sur le gouvernement sur la question des salaires, des retraites et de la sécurité de l'emploi", a-t-il informé dans un autre communiqué publié la veille.

L'exécutif appelé à "mettre l'argent sur la table"

Les grèves prévues tout au long du mois d'avril concerneront aussi les employés du British Museum et de la British Library, le service des routes nationales, les inspecteurs du permis de conduire ou encore la police aux frontières. "Nos adhérents ne reculeront pas dans ce conflit. Les ministres doivent prendre note que nous intensifions notre action et qu'ils doivent résoudre le différend en mettant de l'argent sur la table", a assuré le secrétaire général de PCS, Mark Serwotka, cité dans le communiqué.

Le Royaume-Uni est secoué depuis des mois par des grèves à répétition dans de nombreux secteurs pour de meilleurs salaires, face à des hausses de prix qui dépassent 10%. L'inflation a rebondi en février, à 10,4% sur un an. Mi-mars, des centaines de milliers de personnes, enseignants, conducteurs du métro londonien, médecins, fonctionnaires, ont débrayé, le jour même où le gouvernement conservateur présentait son budget. Une offre de hausses salariales dans la santé, actuellement soumise au vote à leurs adhérents par les syndicats, pourrait mettre fin à plusieurs mois de grèves, tandis que les enseignants pourraient au contraire annoncer de nouveaux débrayages après une offre jugée "insultante" par leur syndicat NEU.

Une grève pour les salaires de 10 jours, à partir du 31 mars, de membres du personnel de sécurité à l'aéroport londonien d'Heathrow, a conduit British Airways à annoncer, lundi, l'annulation de plusieurs centaines de vols. Les entreprises pétrolières et gazières opérant sur le plateau continental britannique font aussi face à une série de grèves de salariés qui exigent de meilleurs salaires et conditions de travail. Le syndicat RMT, largement moteur dans les grèves du rail, a annoncé suspendre une grève prévue les 30 mars et 1er avril, dans le cadre de ses négociations avec les opérateurs ferroviaires.


Y.R. avec AFP

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