Le "Triangle de Weimar" réuni près de Paris : de quoi parle-t-on ?

Publié le 12 juin 2023 à 12h02, mis à jour le 12 février 2024 à 17h52

Source : JT 20h WE

Le nouveau chef de la diplomatie française Stéphane Séjourné reçoit ce lundi ses homologues polonais et allemand.
Ce format, baptisé Triangle de Weimar depuis 1994, permet des échanges réguliers entre Paris, Berlin et Varsovie.

Le Triangle de Weimar de retour en France. Le nouveau chef de la diplomatie française Stéphane Séjourné a convié ce lundi ses homologues allemande Annalena Baerbock et polonais Radoslaw Sikorski à une réunion en format "Weimar" au château de La Celle-Saint-Cloud, en banlieue parisienne. Le cadre de cette coopération a été créée il y a plus de 30 ans. Malgré quelques remous, il continue de régir les relations entre les trois pays.

Créée en 1991 à Weimar en Allemagne par trois chefs de la diplomatie de l'époque, le Français Roland Dumas, l'Allemand Hans-Dietrich Genscher et le Polonais Krzysztof Skubiszewski, cette plateforme de coopération devait souligner que les trois pays avaient une vision commune de l'avenir européen. Ce forum informel a aussi permis de puiser dans l’expérience franco-allemande pour appuyer la réconciliation germano-polonaise.

L'Ukraine déjà au cœur des discussions en 2014

Souvent en panne au long de son histoire, avec plusieurs tentatives de sa relance, cette plateforme de dialogue politique a tout de même permis d'entretenir les liens. Notamment grâce à plusieurs sommets de chefs d'État des trois pays, de nombreuses rencontres ministérielles et des programmes de coopération trilatérale dans les domaines de la défense, de la science ou de la culture.

Fait notable du Triangle de Weimar : en 2014, les ministres Laurent Fabius, Frank-Walter Steinmeier et Radoslaw Sikorski, se sont distingués par un déplacement commun le 20 février à Kiev. Objectif ? Négocier une solution de sortie de la crise entre le président Victor Ianoukovitch et l’opposition ukrainienne. La signature d’un accord avait permis de mettre fin aux violences et de lancer une transition politique après la fuite du chef de l'État ukrainien en Russie.

Près de 10 ans plus tard, c'est encore l'Ukraine en guerre qui sera au menu des discussions ce lundi. La France, l'Allemagne et la Pologne doivent dévoiler une nouvelle coopération contre les opérations étrangères de désinformation, venant notamment de Russie, a annoncé ce week-end Stéphane Séjourné. En outre, les ministres feront conjointement état de nouvelles attaques informationnelles lancées par Moscou contre les trois pays. "Nos trois pays ont été victimes de la même stratégie de déstabilisation. Lundi, on fera des annonces sur une nouvelle coopération contre la désinformation et des attaques informationnelles russes", a déclaré Stéphane Séjourné dans un entretien au quotidien régional français Ouest-France, paru samedi. Jusqu'à présent, les attaques ont été lancées via des usines à trolls et de faux sites d'actualité.

Selon le ministre, ces attaques visent à diviser les opinions publiques faute de cliver les dirigeants de l'Union européenne qui entendent poursuivre leur soutien à l'Ukraine en guerre contre la Russie. Le jour même de sa prise de fonction, Stéphane Séjourné l'a martelé : "aider l'Ukraine, c'est garantir la victoire de la démocratie". C'est ainsi Kiev que le ministre avait choisi pour son premier déplacement officiel avant de se rendre à Berlin et Varsovie.


Thomas GUIEN

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