Russie : à 19 ans, elle risque la prison pour avoir critiqué la guerre en Ukraine

par Sébastie MASTRANDREAS
Publié le 30 janvier 2023 à 10h46

Source : Sujet TF1 Info

Olesya Krivtsova, 19 ans, est assignée depuis près d'un mois à domicile, dans le nord-ouest de la Russie.
Accusée d'avoir discrédité l'armée russe et soutenu le terrorisme sur les réseaux sociaux, elle risque des années de prison.
La police l'avait arrêtée fin décembre, la menaçant avec un marteau.

Elle pourrait se retrouver plusieurs années derrière des barreaux. Olesya Krivtsova, 19 ans, est assignée depuis près d'un mois au domicile de sa mère, dans la région d'Arkhangelsk, dans le nord-ouest de la Russie. Bracelet électronique à une cheville, tatouage anti-Poutine à l'autre, elle est accusée d'avoir discrédité l'armée russe et soutenu le terrorisme sur les réseaux sociaux. Elle ne peut plus naviguer sur Internet ni utiliser aucune forme de communication.

La jeune femme se retrouve ainsi ajoutée à la liste des terroristes, au même titre que l'État islamique, Al-Qaïda et les talibans, a révélé CNN dimanche 29 janvier. La justice lui reproche notamment d'avoir publié des contenus sur Instagram critiquant l'invasion de l'Ukraine. L'étudiante, déjà connue par les autorités pour une distribution de tracts anti-guerre en mai dernier, est aussi accusée d'avoir discrédité l'armée russe sur le réseau social russe VK. Des comportements "récidivistes" qui l'exposent à une sanction pénale sévère, allant de trois ans de prison - pour discrédit de l'armée de son pays - à sept ans - pour apologie du terrorisme -, estime son avocat sur CNN.

Menacée par la police avec un marteau lors de son arrestation

Pour la mère d'Olesya, Moscou tente un coup de force pour faire de sa fille un exemple et avertir la population. Dans cette région reculée, "il n'y a plus de manifestations, alors ils essaient d'étrangler toute tentative" de contestation, a-t-elle dénoncé sur CNN. Une intimidation qui s'est d'ailleurs illustrée au moment de son arrestation, raconte la mère d'Olesya Krivtsova. Fin décembre, la police avait pénétré dans l'appartement de la jeune femme et de son mari, leur transmettant le "bonjour" de Wagner tout en les plaquant au sol en les menaçant avec un marteau, cet outil étant connu comme un moyen d'exécution des dissidents du groupe paramilitaire. "L'État a des politiques étranges : les prisonniers vont à la guerre et les enfants en prison", a conclu la mère de la jeune femme.

Le cas d'Olesya Krivtsova n'est "ni le premier, ni le dernier", a précisé Alexei Kichin auprès du média américain. Il espère cependant qu'elle écopera d'une sanction plus douce, comme d'une amende. Au moins 61 affaires similaires auraient été engagées en Russie en 2022 pour justification du terrorisme sur Internet, dont 26 ont abouti à une condamnation, selon l'observateur indépendant des droits de l'homme, OVD-info. 


Sébastie MASTRANDREAS

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