Salvador : l'état d'urgence instauré après une vague d'homicides attribuée à des gangs

T.G
Publié le 28 mars 2022 à 7h46, mis à jour le 28 mars 2022 à 10h29
Salvador : l'état d'urgence instauré après une vague d'homicides attribuée à des gangs

Source : MARVIN RECINOS / AFP

Au Salvador, la montée en flèche des homicides inquiète.
Contre la mainmise des gangs sur le pays, le président a déclaré l'état d'urgence.
Les organisations de défense des droits de l'homme s'inquiètent de ses penchants autoritaires.

Soixante-deux. C'est le nombre de meurtres commis samedi au Salvador par les gangs criminels qui rongent ce petit pays d'Amérique centrale. La veille, 14 homicides avaient été relevés. La situation est telle, que le parlement du pays, à la demande du président Nayib Bukele, a approuvé dimanche l'instauration de l'état d'urgence pour un mois. 

Le décret comprend des restrictions sur la liberté de réunion, l'inviolabilité de la correspondance et des communications, du droit à voir un avocat en détention et autorise les arrestations sans mandat. Nayib Bukele a également décrété "l'alerte maximale" dans toutes les prisons : cellules fermées 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. "Un message adressé aux gangs", selon le chef de l'exécutif. Pour "la vaste majorité des gens, la vie continuera comme avant (...) à moins que vous ne soyez membre d'un gang. À cause de vos agissements, ces "gars" ne verront pas un rayon de soleil".

600 membres arrêtés en 24 heures

Élu confortablement, le président a pris ses fonctions en juin 2019 en promettant de rester ferme contre la violence des gangs. En 2020, il a autorisé la police et l'armée à recourir à la force létale contre des membres de gangs. Munis de fusils d'assaut et équipés de gilets pare-balles, des policiers et des militaires patrouillent les rues tout en procédant à des arrestations.

Au terme du premier jour, les autorités ont assuré dimanche soir avoir capturé "plus de 600 membres de gangs", la plupart issus de Barrio 18 et MS-13 (Mara Salvatrucha), les deux principales organisations du pays. Toutes deux, vivent du trafic de drogue et de l'extorsion et comptent environ 70 000 membres au Salvador, dont plus de 17 000 sont derrière les barreaux, selon les autorités.

De son côté, l'ONG Human Rights Watch suit "avec inquiétude la grave augmentation des homicides" au Salvador, a fait savoir Juan Pappier, chercheur au sein de la division Amériques de l'organisation. "Il est urgent que le gouvernement protège la population avec des mesures durables qui respectent les droits de l'homme. La politique de sécurité doit toujours s'inscrire dans le cadre de l'État de droit", a-t-il ajouté.

Un président contesté

Malgré un fort soutien populaire, Nayib Bukele est critiqué pour ses penchants autoritaires en interne et de la communauté internationale. Le bien-fondé de cette opération est remis en cause par les organisations de défense des droits humains : si l'on regarde l'évolution du nombre de meurtres avec du recul, avec 1 140 homicides en 2021, le Salvador connaît son total le plus bas depuis la fin de la guerre civile en 1992. 


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