Satellite espion nord-coréen : la Russie a aidé à son lancement, selon Séoul

par A. LG avec AFP
Publié le 23 novembre 2023 à 8h50

Source : TF1 Info

La Corée du Nord a annoncé jeudi qu'elle allait renforcer sa présence militaire à sa frontière avec la Corée du Sud, après avoir mis en orbite un satellite espion.
Il est trop tôt pour savoir si ce dernier fonctionne, a réagi l'agence de renseignement sud-coréenne, soulignant que Pyongyang a été aidé par la Russie.

Après deux échecs en mai et en août, une fusée a décollé mardi de Corée du Nord et a placé en orbite le satellite d'observation militaire "Malligyong-1", selon les médias d'Etat. La Corée du Sud a confirmé jeudi que la mise sur orbite avait été un succès. "Le Service de renseignement national a estimé que le lancement du satellite espion a été réussi", a déclaré le Service national de renseignement du Sud à des législateurs, selon un briefing du député Yoo Sang-bum. Il a été "placé sur une trajectoire orbitale", a ajouté l'agence, précisant qu'il est trop tôt pour savoir s'il fonctionne comme le soutient Pyongyang. 

Toujours selon ce service, la Corée du Nord a bénéficié de l'aide de la Russie. "Après le sommet" entre le président russe Vladimir Poutine et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un en septembre, "le Nord a fourni à Moscou le plan et les données concernant les premier et deuxième lancements de satellite. La Russie a à son tour analysé ces données et communiqué au Nord des retours", a soutenu le député.

Un lancement en violation des résolutions de l'ONU

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a assisté personnellement au lancement de la fusée, et a déjà étudié des photographies des principales bases militaires américaines dans l'île de Guam, dans l'océan Pacifique, prises par le satellite, ont encore affirmé les médias officiels de Pyongyang. Le lancement a eu lieu en violation des résolutions de l'ONU qui interdisent à Pyongyang de se servir de technologies de missiles balistiques. Outre la Corée du Sud, il a été condamné par le Japon, les Etats-Unis et les Nations unies.

Après le lancement, Séoul a partiellement suspendu mercredi un accord militaire conclu le 19 septembre 2018 avec la Corée du Nord pour prévenir les incidents armés le long de la frontière intercoréenne (en créant notamment des "zones tampon" maritimes), et a immédiatement déployé des "moyens de surveillance et de reconnaissance" à cette frontière.

Pyongyang renforce sa présence militaire à la frontière

Le ministère nord-coréen de la Défense a qualifié les mesures prises par Séoul d'"imprudentes" et a annoncé qu'il suspendait également l'accord de 2018, dans son intégralité. 

La Corée du Nord "ne sera plus jamais liée" par cet accord "réduit depuis longtemps à un vulgaire bout de papier", a affirmé le ministère dans un communiqué cité par l'agence officielle KCNA. Pyongyang va désormais "déployer des forces armées plus puissantes et du matériel militaire de type nouveau dans la région située le long de la ligne de démarcation militaire", a-t-il averti.

Le satellite commencera officiellement son travail de reconnaissance le 1er décembre, d'après KCNA. La Corée du Sud prévoit pour sa part de lancer son premier satellite espion, via une fusée SpaceX, le 30 novembre depuis les Etats-Unis.


A. LG avec AFP

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