Plusieurs séismes ont frappé le Japon lundi 1er janvier, faisant 48 victimes, selon le dernier bilan publié mardi.
Une catastrophe qui a généré son lot de fausses images, dont celles d'un plongeur accroché à un récif en pleine secousse.
Nous les avons passées au crible.

Tous les moyens sont bons pour faire le buzz. Les séismes qui ont ravagé la péninsule de Noto, au Japon, le 1er janvier, sont récupérés par certains internautes qui cherchent à gagner en notoriété. C'est ainsi que la vidéo d'un plongeur qui se serait retenu à un rocher sous l'eau en plein séisme est devenue virale sur TikTok. Or, elle n'a rien à voir avec la catastrophe qui secoue le Japon. 

Une vidéo diffusée dès novembre

La vidéo montre un groupe en pleine séance de plongée sous-marine, entouré de coraux et de poissons. Il est à quelques mètres du fond marin quand le sable commence à se lever. Les plongeurs se balancent alors avec force d'un côté à l'autre de l'eau. Un autre semble se faire emporter par un courant et s'accroche alors à un récif. Or, selon ceux qui partagent cette image, il s'agirait de plongeurs en train de vivre l'un des tremblements de terre qui ont frappé la péninsule de Noto. Toutefois, le filigrane visible sur la vidéo renvoie à un compte TikTok qui a partagé la séquence… le 10 décembre. Soit plus de vingt jours avant la catastrophe au Japon.

Une recherche par mots-clés nous permet d'en savoir plus sur cette vidéo. Diffusée dès la mi-novembre, elle montre effectivement des plongeurs en plein tremblement de terre. Mais l'événement a eu lieu bien loin du Japon, dans la mer de Banda, en Indonésie. Selon plusieurs médias, dont CNN, un tremblement de terre à une profondeur de 146 km et d'une magnitude de 7,2 s'était produit dans cette région le 8 novembre. Un phénomène puissant, mais qui n'avait pas déclenché de tsunami.

Si cette vidéo est particulièrement impressionnante, elle n'est pas la seule à avoir émergé après les séismes au Japon. Lundi, nous vous alertions dans cet article sur une séquence largement diffusée et sur laquelle une vague entre dans un port. Si les images ont bien été capturées au Japon, elles remontent en réalité au 11 mars 2011. Une vague géante avait balayé sur son passage les bateaux du port de Miyako, dans la préfecture d'Iwate, après un séisme de magnitude 9,1. Rien à avoir avec les vagues de plus d'un mètre de haut qui ont déferlé sur la péninsule de Noto. Plusieurs internautes ont d'ailleurs utilisé la catastrophe de 2011, qui avait fait 3484 victimes, pour illustrer à tort le tsunami du 1er janvier.

Une autre vidéo détournée est quant à elle beaucoup plus récente. Supposée montrer des infirmières en train de paniquer dans un hôpital pendant le tremblement de terre, elle date en fait au 13 février 2023, lors d'un tremblement de terre en Turquie. 

En résumé, plusieurs images d'anciennes secousses ont été sorties de leur véritable contexte. Elles n'ont pas été diffusées dans l'intention de nuire - on parle alors de "mésinformation" - mais plutôt pour faire le buzz. Un phénomène tristement connu, qui est désormais observable après chaque catastrophe. Comme après le séisme au Maroc ou après le passage de la tempête Ciarán en France, des internautes cherchent à gagner en notoriété en diffusant des images choc capables d'engendrer des vues. 

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Felicia SIDERIS

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