Le corps sans vie d'un agent du renseignement sud-coréen a été découvert vendredi à son domicile.
Il était ciblé par une enquête sur les circonstances de la bousculade mortelle du 29 octobre, à Séoul.
Le policier était notamment accusé d'avoir tenté de couvrir les manquements de son commissariat, en détruisant un rapport sensible.

Près de deux semaines après la bousculade mortelle de Séoul, des investigations tentent toujours de faire la lumière sur les circonstances du drame. Mais certains chercheraient à ralentir la progression des enquêteurs. Un policier sud-coréen de 55 ans, identifié seulement par son nom de famille, Jeong, était visé par l'enquête sur le mouvement de foule qui a tué plus de 150 personnes le week-end de Halloween, notamment soupçonné d'avoir détruit un rapport sensible. Il a été retrouvé mort vendredi, a annoncé la police nationale.

Cet agent du renseignement travaillait dans le commissariat du quartier d'Itaewon, au centre de Séoul, où 156 personnes ont trouvé la mort, asphyxiées et écrasées dans un mouvement de foule le 29 octobre au soir. Son corps a été découvert à son domicile de Séoul, a rapporté à l'AFP un responsable de la police nationale. Selon le journal The Korea Times, aucune note laissant penser que l'agent a mis fin à ses jours n'a été retrouvée, mais M. Jeong aurait passé des appels téléphoniques à certains de ses collègues la veille, suggérant un suicide.

Les défaillances de la police locale mises en cause

Son poste de police, chargé ce soir-là de surveiller le quartier et de superviser les festivités, est l'une des cibles de la vaste enquête ouverte après la catastrophe. Parmi d'autres accusations, M. Jeong était soupçonné d'avoir ordonné la destruction d'un rapport du renseignement qui avertissait du risque d'accident en raison de l'affluence sans précédent attendue ce soir-là, selon l'agence de presse Yonhap. 

Il était aussi mis en cause pour abus d'autorité et négligence professionnelle ayant entraîné la mort, rapporte The Korea Times. Le policier avait été suspendu de ses fonctions mercredi et n'avait pas été convoqué pour un interrogatoire.

Dans le cadre de l'enquête, la police nationale a perquisitionné le commissariat du quartier de Itaewon. Des retranscriptions d'appels d'urgence, rendues publiques par la police, montrent que le poste de police avait reçu 11 informations l'alertant que la foule était dangereusement dense durant les quatre heures précédant le drame. Pourtant les forces de l'ordre n'étaient pas pour autant intervenues immédiatement.

Le soir du 29 octobre, plus de 100.000 personnes avaient afflué dans ce quartier aux ruelles étroites et aux allées en pente, pour fêter Halloween pour la première fois depuis le début de la pandémie. Malgré l'affluence inédite, la police n'avait déployé que 137 agents à Itaewon, pendant qu'au même moment quelque 6500 policiers étaient mobilisés dans un autre quartier pour une manifestation anti-gouvernementale de moindre importance.

Les 156 personnes qui ont péri dans le mouvement de foule sont en majorité des jeunes femmes, des adolescents et des dizaines d'étrangers. Quelques hauts responsables sud-coréens dont le chef de la police nationale, le maire de Séoul et le ministre de l'Intérieur ont présenté leurs excuses, et admis leur manque d'anticipation.


M.L (avec AFP)

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