Sept dates pour tout comprendre à l'affaire Julian Assange

La rédaction de LCI
Publié le 10 décembre 2021 à 17h43
Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, en 2010.

Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, en 2010.

Source : LEON NEAL / AFP

CHRONOLOGIE - La Haute Cour de Londres a annulé ce vendredi en appel le refus d'extrader vers les États-Unis le fondateur de WikiLeaks Julian Assange, que Washington veut juger pour une fuite massive de documents. Retour en dates sur une affaire rocambolesque.

Nouveau rebondissement dans l'affaire Julian Assange. Ce vendredi, la Haute Cour de Londres a annulé en appel le refus d'extrader vers les États-Unis le fondateur australien de WikiLeaks, Julian Assange, que Washington veut juger pour une fuite massive de documents. La justice britannique va donc à nouveau devoir se pencher sur la demande d'extradition formulée par les États-Unis. Retour sur une affaire vieille de plus de dix ans.

Juillet 2010 : l'heure des révélations de WikiLeaks

Fin juillet 2010, la presse mondiale publie 70.000 documents confidentiels sur les opérations de la coalition internationale en Afghanistan diffusés par le site internet WikiLeaks, le site de Julian Assange. Parmi eux, une vidéo montrant des civils tués par les tirs d'un hélicoptère de combat américain, en 2007. 400.000 rapports concernant l'invasion américaine en Irak sont également publiés en octobre puis, un mois plus tard, le contenu de 250.000 câbles diplomatiques américains.

Les États-Unis, qui reprochent à Julian Assange d'avoir mis en danger des sources des services américains, ouvrent alors une enquête pour espionnage.

Novembre 2010 : mandat d'arrêt européen contre Assange

Quelques mois plus tard, une autre affaire vient bousculer les révélations. Le 18 novembre 2010, la Suède lance un mandat d'arrêt européen contre Julian Assange dans le cadre d'une enquête pour viol et agression sexuelle de deux Suédoises. Les faits se seraient déroulés en août 2010. Pour sa défense, l'Australien assure qu'elles étaient consentantes.

Julian Assange se livrera finalement à la police britannique le 7 décembre, avant d'être détenu neuf jours, puis assigné à résidence. La Suède formule une demande d'extradition, qu'un tribunal londonien valide en février 2011. Le fondateur de WikiLeaks redoute alors d'être extradé vers les États-Unis et d'y encourir la peine de mort.

Juin 2012 : réfugié à l'ambassade d'Équateur

Le 19 juin 2012, Julian Assange se réfugie à l'ambassade d'Équateur, à Londres. Il y demande l'asile politique. L'Équateur, présidé alors par la figure de la gauche sud-américaine Rafael Correa, valide sa demande en août puis exige de Londres qu'il puisse se rendre en Équateur. Refusé par le Royaume-Uni. Julian Assange restera donc cloîtré dans l'ambassade pendant près de sept ans et obtiendra la nationalité équatorienne, avant d'en être déchu.

Avril 2019 : arrêté par la police britannique

Le 2 avril 2019, le nouveau président équatorien Lenin Moreno, en rupture avec son prédécesseur, affirme que Julian Assange a violé l'accord sur ses conditions d'asile. Le 11, la police britannique l'arrête au sein même de l'ambassade, qu'il n'a toujours pas quittée.

Aussitôt, l'avocate de la femme qui accuse Julian Assange de viol en Suède annonce qu'elle va demander la réouverture de l'enquête, classée sans suite en 2017. Les faits concernant l'autre plainte, pour agression sexuelle, ont, eux, été prescrits en 2015. Trois jours plus tard, la défense de Julian Assange se dit prête à coopérer avec les autorités suédoises, tout en voulant éviter une extradition outre-Atlantique.

Mai 2019 : condamné au Royaume-Uni, inculpé aux États-Unis

Le 1er mai 2019, Julian Assange connaît sa première condamnation. Pour violation des conditions de sa liberté provisoire, l'Australien est condamné à 50 semaines de prison par un tribunal londonien. Deux semaines plus tard, le parquet de Stockholm (Suède) annonce la réouverture de l'enquête pour viol. Celle-ci sera finalement classée sans suite en novembre, faute de preuves.

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Le 23 mai 2019, la justice américaine, qui l'accuse déjà de "piratage informatique", l'inculpe de 17 nouveaux chefs en vertu des lois anti-espionnage. Julian Assange encourt alors jusqu'à 175 ans d'emprisonnement s'il est extradé outre-Atlantique, comme le souhaitent les États-Unis. Une semaine plus tard, un rapporteur de l'ONU sur la torture rend visite à Julian Assange en prison. Il estime que le fondateur de WikiLeaks présente "tous les symptômes (de) torture psychologique". Il affirmera en novembre que le traitement infligé à Julian Assange met sa vie "en danger".

Janvier 2021 : la justice britannique refuse de le livrer aux États-Unis

Le 24 février 2020, la justice britannique commence l'examen de la demande américaine d'extradition. Mais celle-ci sera rapidement reportée en raison de l'arrivée sur le sol européen de la pandémie de Covid-19, à peine un mois plus tard. L'audience reprend finalement en septembre 2020. Julian Assange confirme qu'il refuse d'être extradé. Sa compagne, l'avocate Stella Morris, prévient que le livrer aux États-Unis reviendrait à une "peine de mort".

Le 4 janvier 2021, la juge Vanessa Baraitser rejette la demande, estimant que les conditions d'incarcération aux États-Unis posent un risque de suicide. La justice britannique décide de maintenir Julian Assange en détention. Le gouvernement américain fait alors appel de cette décision.

Décembre 2021 : le refus d'extradition annulé en appel

L'audience en appel débute le 27 octobre dernier. L'avocat des États-Unis conteste les risques de suicide, assurant qu'en cas d'extradition, Julian Assange ne serait pas incarcéré à la prison de très haute sécurité ADX de Florence (Colorado), qu'il recevrait les soins cliniques et psychologiques nécessaires et qu'il pourrait demander à purger sa peine en Australie. L'avocat d'Assange affirme, lui, que subsiste "un grand risque de suicide".

Ce vendredi 10 décembre, la Haute Cour de Londres a donc décidé d'annuler en appel le refus d'extradition, estimant que les États-Unis ont fourni des assurances sur le traitement qui serait réservé au fondateur de WikiLeaks. Dès lors, l'affaire pourrait connaître de nouveaux rebondissements : la justice britannique devra de nouveau statuer sur la demande d'extradition américaine.


La rédaction de LCI

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