En difficulté en Ukraine, Poutine choisit l'escalade

Projet de sommet Biden-Poutine : ces déclarations choc qui compliquent leurs relations

Idèr Nabili
Publié le 21 février 2022 à 12h20
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Source : TF1 Info

Pour entamer la désescalade sur la crise ukrainienne et éviter une guerre, Joe Biden et Vladimir Poutine pourraient se rencontrer.
Si ce sommet a lieu, les présidents américain et russe devront mettre sous le tapis plusieurs déclarations piquantes tenues ces derniers mois et années.

Une rencontre au sommet pour désamorcer la crise ukrainienne. Après deux échanges entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine dimanche, l'Élysée a annoncé que Joe Biden et son homologue russe avaient "accepté le principe" d'un sommet entre les deux hommes, à condition que la Russie n'attaque pas l'Ukraine dans les prochains jours. Une rencontre tempérée ce lundi par le Kremlin, qui a jugé "prématuré" de parler de sommet, sans toutefois écarter cette hypothèse.

S'il se tient, ce sommet entre Joe Biden et Vladimir Poutine serait le deuxième depuis que le démocrate est élu à la Maison Blanche, après une précédente rencontre en juin dernier. Les deux présidents devront alors laisser derrière eux plusieurs déclarations marquantes à l'origine de tensions.

Biden et les "actes agressifs" de la Russie

Le 5 février 2020, le président américain avait lancé les hostilités en se démarquant de Donald Trump dans sa relation avec la Russie. "J'ai clairement dit au président Poutine, d'une façon très différente de mon prédécesseur, que le temps où les États-Unis se soumettaient aux actes agressifs de la Russie [...] était révolu", avait lancé Joe Biden. "Nous n'hésiterons pas à faire payer à la Russie un coût plus élevé et à défendre nos intérêts."

Le Kremlin n'avait pas attendu avant de répliquer verbalement. Le lendemain, un porte-parole de la présidence russe avait regretté une "rhétorique très agressive". La déclaration du président américain "n'est pas constructive, nous le regrettons", avait-il déclaré.

Quand Biden qualifiait Poutine de "tueur"

Entre les deux présidents, la tension est montée d'un cran quelques semaines plus tard. Au cours d'un entretien diffusé sur ABC, Joe Biden est interrogé très directement. "Pensez-vous que Vladimir Poutine est un tueur ?", lui demande le journaliste. "Oui, je le pense", répond sur le même ton le locataire de la Maison Blanche. "Vous verrez bientôt le prix qu'il va payer", poursuit-il, précisant que le président russe "paierait les conséquences" des possibles ingérences électorales de Moscou lors des précédentes élections américaines.

De quoi provoquer une crise diplomatique entre les deux puissances, Moscou rappelant immédiatement son ambassadeur aux États-Unis. "C'est celui qui le dit qui l'est", répond Vladimir Poutine le lendemain. "Ce n'est pas juste une expression enfantine, une blague [...], nous voyons toujours en l'autre nos propres caractéristiques."

G20, COP26... L'absence de Poutine irrite Biden

Six mois plus tard, malgré une accalmie à la suite de leur rencontre à Genève (Suisse), les tensions repartent de plus belle. En cause, l'absence de Vladimir Poutine au G20 puis à la COP26. "Sa toundra brûle. Il fait face à des problèmes climatiques très, très sérieux, mais il garde le silence", déplorait alors Joe Biden. "Rien ne remplace les négociations en face à face pour la coopération mondiale."

Une accusation rejetée en bloc par la présidence russe. "La toundra brûle vraiment. Mais n'oublions pas que les forêts brûlent aussi en Californie, en Turquie et ailleurs dans le monde", avait répliqué le Kremlin.

Trump qualifié de "caniche de Poutine" par Biden

Même avant l'accession de Joe Biden à la Maison Blanche, Vladimir Poutine figurait dans le viseur du candidat démocrate. Au cours de son premier débat avec Donald Trump, Joe Biden avait accusé le président américain de l'époque d'être le "caniche" du président russe. "Il est le caniche de Poutine. Il refuse de dire quoique ce soit à propos des primes pour tuer des soldats américains", avait-il lancé.

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La crise ukrainienne déjà au cœur des tensions en 2015

Des propos mordants qui ne datent pas d'hier. Même du temps où il était vice-président des États-Unis, Joe Biden n'hésitait pas à s'en prendre à Vladimir Poutine. En 2015, déjà autour de la crise ukrainienne, il reprochait au président russe de tenir des mots éloignés des actions sur le terrain, et réclamait "des actes, pas des paroles". "Trop souvent, le président Poutine a promis la paix et livré des chars, des troupes et des armes", avait-il notamment dénoncé.


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