Ukraine, Suède... Quels en sont les enjeux du sommet de l'Otan qui débute mardi ?

par TD
Publié le 9 juillet 2023 à 17h20, mis à jour le 11 juillet 2023 à 8h18

Source : TF1 Info

Les membres de l'Otan se réunissent en Lituanie mardi.
Une rencontre au cours de laquelle les discussions vont tourner autour du conflit en Ukraine.
L'adhésion ukrainienne et suédoise à l'organisation devrait à nouveau être évoquée.

C'est à Vilnius, la capitale lituanienne, que le sommet de l'Otan va se dérouler les 11 et 12 juillet. Une réunion au cours de laquelle la situation en Ukraine sera logiquement au cœur des discussions. Il s'agit de la 4ᵉ rencontre organisée par l'organisation internationale depuis le déclenchement du conflit par la Russie, en février 2022.

Des moyens pour l'Ukraine... avant une future adhésion ?

Cette réunion doit permettre d'échanger sur la stratégie de l'Otan pour les mois à venir, et notamment d'échanger sur les moyens de production en matière d'armement du côté des pays alliés, tout en discutant de la coopération sur le plan militaire. Comment accompagner l'effort de guerre ukrainien ? Quels matériels livrer ? Avec quel type de munitions ? Autant de sujets qui seront sur la table, et qui vont logiquement s'accompagner de discussions autour de la contribution financière des différents états.

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, ne manque pas d'appeler à un accroissement des financements de l'organisation. Rares sont en effet les pays qui se conforment à un engagement pris en 2014, selon lequel chaque membre est censé contribuer en versant l'équivalent de 2% de son PIB. Seuls 11 des 32 membres appliquent ce principe, ce qui laisse une marge de progression.

Le renforcement du soutien à l'Ukraine ne devrait toutefois pas s'accompagner d'une adhésion de cette dernière. Kiev doit recevoir au cours de ce sommet des "garanties de sécurité" de la part des Occidentaux, mais aucun calendrier précis ne devrait être présenté par rapport à son processus d'adhésion. Les États-Unis se montrent notamment très prudents, estimant que l'Ukraine fait encore face à "de nombreuses étapes à franchir" et avertissant qu'elle n'aurait droit à aucun "traitement de faveur". Les dirigeants de l'Otan tablent d'ailleurs plutôt sur une possible adhésion à l'issue de la guerre.

La Suède, futur 32ᵉ membre ?

Autre candidate à l'adhésion, la Suède a davantage de chance d'intégrer l'alliance transatlantique dans un futur proche. Elle dispose aujourd'hui d'un statut spécifique de pays "invité", qui lui octroie notamment le droit d'assister aux réunions organisées par l'Otan. La demande de Stockholm, formulée officiellement au printemps, a néanmoins encore besoin d'être ratifiée : il lui faudra pour cela le soutien de l'ensemble des membres. Si la grande majorité s'y montre favorable, deux pays sont pour l'instant opposés à cet élargissement de l'organisation. Il s'agit de la Hongrie et de la Turquie. 

Du côté de Budapest, on digère mal les critiques de la Suède, qui reproche au régime de Viktor Orban ses entorses répétées à l'État de droit. Différentes raisons sont invoquées côté turc, puisque Ankara déplore une forme de complaisance suédoise à l'égard des militants kurdes, dans le viseur de la Turquie. "Comment un État qui ne prend pas ses distances avec les organisations terroristes peut-il contribuer à l'Otan ?", a ainsi lancé le président turc Recep Tayyip Erdogan cette semaine.

Un rôle croissant pour la France ?

Durant ces deux jours à Vilnius, il sera intéressant d'observer l'attitude de la France et de surveiller les propos d'Emmanuel Macron. Le chef de l'État a en effet montré d'importants signes d'évolution en l'espace d'un an et demi. Durant les mois qui ont suivi l'invasion russe, Paris a tenté de maintenir le dialogue avec Moscou en restant à distance respectable de l'Otan. Il faut dire que le président français s'était par le passé montré assez critique envers l'organisation, décrite en 2019 comme en état de  "mort cérébrale".

Aujourd'hui, la question de l'adhésion de l'Ukraine n'a plus rien de tabou, si bien qu'Emmanuel Macron n'hésite plus à l'évoquer frontalement et à l'envisager, au moins à long terme. "Nous avons besoin d’un chemin, au moins, vers cette adhésion", lançait-il en mai dernier, lors d'un déplacement en Slovaquie.

Parmi les autres sujets que la France devrait aborder figure la possibilité pour les pays européens de disposer d'une forme d'autonomie vis-à-vis des États-Unis. Et ce, dans des domaines tels que la défense. "Plutôt que le terme de l'autonomie stratégique qui ne fait pas consensus, ce sera certainement celui de 'pilier européen' au sein de l'alliance atlantique qui sera évoqué", a confié à Challenge Pierre Haroche, fin connaisseur de la politique de défense de l’UE.


TD

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