Les cinq passagers du Titan sont morts, ont annoncé jeudi 22 juin les garde-côtes américains.
Selon le contre-amiral en charge des opérations de sauvetage, le sous-marin a subi une "implosion catastrophique".
Le point sur ce qu'il s'est passé.

L'espoir de retrouver vivant l'équipage du submersible Titan s'était atténué au fil des heures, ce jeudi 22 juin, alors que les réserves en oxygène du sous-marin s'étaient supposément épuisées et que des débris avaient été découverts dans la zone de recherche à proximité du Titanic. Désormais, le sort des cinq passagers du submersible touristique recherché dans l'Atlantique depuis dimanche est connu. La société OceanGate, à qui l'engin appartenait, a annoncé ce jeudi la mort des passagers. "Nous estimons à présent que notre patron Stockton Rush, Shahzada Dawood et de son fils Suleman, Hamish Harding et Paul-Henri Nargeolet sont malheureusement morts", a écrit la firme américaine dans un communiqué.

Une "implosion catastrophique du navire"

Lors d'une conférence de presse organisée ce jeudi à Boston, les garde-côtes américains ont apporté davantage de précisions sur les découvertes des dernières heures. "Ce matin, un rover a découvert, à 1600 pieds de profondeur, à proximité du Titanic, un champ de débris. En consultation avec des experts, nous avons constaté que ces débris résultaient de la chambre du submersible", a déclaré le contre-amiral John Mauger, en charge des opérations de sauvetage. Ces débris, retrouvés près de l'épave du célébrissime paquebot de croisière qui avait sombré il y a 111 ans, correspondent à une "implosion catastrophique du navire", a ajouté le contre-amiral, qui a toutefois précisé ne pas être "en mesure de vous dire quand s'est déroulé le drame".

"Nous allons continuer à récolter des informations" pour établir précisément les circonstances de l'accident, a fait savoir John Mauger au cours de son point presse. Aucune date de fin de recherches n'a pour le moment été communiquée. Sur le plateau de LCI, Michel L'Hour, spécialiste des recherches aquatiques, a de son côté partagé son hypothèse sur le déroulé du drame. "L'accident, ils ne l'ont même pas vécu. Ils ont été tués dans la micro-seconde qui a suivi l'implosion", a expliqué celui qui fut aussi l'ami de l'explorateur français et spécialiste du Titanic Paul-Henri Nargeolet, qui se trouvait à bord du Titan. "L'implosion est certainement liée de la surpression, la coque n'a pas résisté. On peut imaginer que cela s'est produit assez bas. Cela veut dire que ce sous-marin avait de vraies faiblesses de structure", a-t-il analysé.

Le déroulé d'une aventure au dénouement tragique

Le patron d'OceanGate, Stockton Rush, l'homme d'affaires britannique Hamish Harding, l'ancien plongeur et militaire de la marine Paul-Henri Nargeolet, le magnat pakistano-britannique Shahzada Dawood et son fils de 19 ans, Suleman, ont tous embarqué à bord du Titan dimanche après avoir déboursé 250.000 dollars afin de mener une exploration des restes de ce qui fut l'une des plus grandes catastrophes maritimes du XXe siècle. Le submersible devait atteindre l'épave du Titanic, qui gît à près de 4000 mètres de profondeur. À 4h du matin, dimanche, le Titan a amorcé sa descente et devait refaire surface sept heures plus tard. Mais à 5h45, le contact avec l'équipage a été perdu. C'est le lendemain, à minuit et demi, que le signal du sous-marin a disparu. 

De vastes recherches à l'aide de bateaux et d'avions militaires ont ensuite été menées pour tenter de retrouver le sous-marin perdu. La zone de recherche était immense : 20.000 kilomètres carrés, soit quasiment la superficie de la Bretagne. L'annonce mercredi de la détection de bruits sous l'eau par des avions P-3 canadiens a suscité de l'espoir et orienté l'armada multinationale de sauveteurs dépêchés sur place. L'amiral John Mauger a révélé que ces bruits perçus ne venaient finalement pas du sous-marin, mais du "fond de l'océan". Ce jeudi, les secouristes avaient évalué à 13h08, heure française, l'heure à laquelle les passagers pourraient se trouver à court d'oxygène à bord du Titan, qui disposait d'une autonomie théorique de 96 heures en plongée.

L'Atalante, un navire de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), est arrivé sur place tôt jeudi. Il était doté d'un robot, le ROV Victor 6000, capable de plonger jusqu'à l'épave du Titanic. Le Victor 6000 était le "principal espoir" pour une opération de secours sous-marine, avait déclaré aux journalistes Rob Larter, un expert du British Antarctic Survey (un organisme britannique de recherche basé à Cambridge). D'autres robots de recherches similaires ont été déployés pour participer aux recherches. C'est finalement l'un d'eux qui a découvert, jeudi, le champ de débris appartenant au Titan à proximité du Titanic.


Noemie KOSKAS avec AFP

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