Affaire des sous-marins : une crise inédite entre la France, l'Australie et les États-Unis

Sous-marins : l'offre de la France à l'Australie "reste sur la table", affirme Emmanuel Macron

Publié le 17 novembre 2022 à 8h22
JT Perso

Source : TF1 Info

Emmanuel Macron a affirmé ce jeudi que l'offre d'acquisition par l'Australie de sous-marins conventionnels français restait d'actualité.
L'an dernier, Canberra avait brutalement rompu le contrat que le liait à Paris, privilégiant un accord sur des sous-marins nucléaires avec les États-Unis et le Royaume-Uni.

Le président de la République Emmanuel Macron a déclaré, ce jeudi 17 novembre à Bangkok (Thaïlande), que l'offre de coopération française sur les sous-marins avec l'Australie était toujours d'actualité. "Elle est connue, elle reste sur la table", a lancé le chef de l'État, rappelant qu'il s'agissait de sous-marins à propulsion conventionnelle, au lendemain d'un entretien avec le Premier ministre australien, Anthony Albanese, en marge du sommet du G20 à Bali.

En 2021, la conclusion de l'alliance AUKUS entre l'Australie, les États-Unis et le Royaume-Uni avait conduit Canberra à annuler un mégacontrat pour l'acquisition de douze sous-marins conventionnels français, qui auraient été construits en Australie. À la place, les Australiens ont décidé d'acheter des sous-marins à propulsion nucléaire américains ou britanniques, un changement majeur pour un pays aux faibles capacités nucléaires, qui avait provoqué une crise diplomatique entre Paris et ses partenaires.

Pas de "changement de stratégie" jusqu'ici

Toutefois, la livraison de ces sous-marins risque de prendre du temps, alors que les Australiens doivent renouveler rapidement leurs capacités face à une Chine à l'influence grandissante dans la région. "Nous verrons comment ils s'adaptent aux difficultés", a souligné Emmanuel Macron, notant que "pour le moment, ils n'ont pas décidé de changer de stratégie sur le sujet", bien qu'il y ait depuis mai un nouveau Premier ministre, le travailliste Anthony Albanese, qui s'est engagé avec la France à réparer les relations bilatérales abîmées entre les deux pays. "Il y a un choix fondamental qui est de savoir s'ils produisent ou pas des sous-marins chez eux ou s'ils décident d'aller vers le nucléaire ou pas."

Le chef de l'État a rappelé que la France ne livrait pas de sous-marins à propulsion nucléaire à l'étranger et que l'offre restait donc conventionnelle. "Nous n'avons jamais été sur une stratégie comme celle-ci", a-t-il précisé. La solution française offre à l'Australie une alternative qui garantit sa "liberté et souveraineté".

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La crise avec l'Australie a fortement mis à mal la stratégie "Indopacifique" de la France, qui compte de nombreux territoires et espaces maritimes dans la région et entend y avoir une place. Le président Macron va tenter de relancer ces ambitions stratégiques lors du sommet de l'Apec à Bangkok, où il est le premier chef d'État européen invité. "Dans cette région très contestée, qui est le théâtre d'une confrontation entre les deux premières puissances mondiales, [...] notre stratégie est : défendre la liberté et la souveraineté, des équilibres préservant les libertés maritimes, des échanges culturels équilibrés, des échanges économiques, et le développement de technologies sans qu'un modèle hégémonique ne l'emporte."


La rédaction de TF1info

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