Après une fausse couche, une Américaine poursuivie pour "atteinte à l'intégrité d'un cadavre"

par TD
Publié le 24 décembre 2023 à 18h34

Source : Sujet TF1 Info

Après une fausse couche à son domicile, une Américaine de 33 ans doit faire face à des poursuites devant la justice.
Le fœtus qu'elle portait a été récupéré à son domicile, bloquant les canalisations.
Cette affaire émeut outre-Atlantique, avec la montée de critiques sur la manière dont sont traitées les femmes enceintes, afro-américaines de surcroît.

À 33 ans, l'Américaine Brittany Watts doit faire face à des poursuites judiciaires intentées à son encontre dans son état de l'Ohio ? Et ce à la suite d'une fausse couche il y a quelques semaines. La presse américaine, qui rapporte les faits, nous apprend que la jeune femme avait appris quelques jours auparavant que le fœtus qu'elle portait, malgré un battement de cœur, ne serait pas viable. Le début d'une dramatique histoire lui valant d'être mise en cause pour "atteinte à l’intégrité d’un cadavre".

Un fœtus dans les canalisations

Les faits se sont produits le 22 septembre, une journée au cours de laquelle la trentenaire s'est rendue à l’hôpital Mercy Health-St. Joseph’s de Warren, une ville de 40.000 habitants située dans l’Ohio. Après plusieurs visites dans l'établissement au cours des jours précédents, la patiente a de nouveau été accueillie par une infirmière. Quand cette dernière s'est penchée sur la situation de Brittany Watts, elle n'a pas tardé à appeler la police. La trentenaire n'était non seulement plus enceinte, mais se trouvait en train de saigner, expliquant que son fœtus "se trouvait dans un seau dans son jardin".

Dépêchés à son domicile, des agents n'ont pas tardé à découvrir que les toilettes du logement avaient été bouchées, et qu'un fœtus de 22 semaines, soit six mois de grossesse, se trouvait coincé dans les canalisations. Il a finalement été saisi par les autorités.

Brittany Watts a rapidement appris qu'elle faisait l'objet de poursuites, se voyant accusée d'atteinte à l'intégrité d'un cadavre. Outre-Atlantique, ces actes sont passibles d'un an de prison et d'une amende de 2500 dollars (soit 2268 euros). Cette affaire a rapidement dépassé les frontières de l'Ohio, déclenchant aux États-Unis une "tempête nationale" au sujet du traitement réservé aux femmes enceintes, comme le rapporte notamment le Washington Post. En particulier lorsque ces dernières font partie de la communauté afro-américaine.

Un procureur de la ville a déclaré à un juge municipal que les actions de Brittany Watts enfreignaient la loi. "La question n’est pas de savoir comment l’enfant est mort, ni quand l’enfant est mort. C'est le fait que le fœtus a été laissé dans des toilettes, puis qu'elle ait ensuite continué sa journée." L'accusée, éprouvée, a plaidé non coupable. Son avocat a notamment indiqué qu’elle se retrouvait "diabolisée pour quelque chose qui se produit tous les jours". A fortiori alors que l'autopsie n'a révélé "aucune blessure récente" sur le fœtus, dont le décès a été déploré in utero.

Si les médecins estiment que des poursuites à l'encontre de Brittany Watts sont "ridicules", la justice devra tout de même se prononcer sur cette affaire. "L’Ohio démontre le caractère macabre de l’Amérique post-Roe", titre le média MSNBC, une référence directe à l'annulation l'an passé aux États-Unis d'un arrêt (dit "Roe v. Wade") par la Cour suprême. Un texte qui garantissait jusqu'alors aux Américaines le droit d’avorter dans tout le pays.


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