Turquie : après la polémique Sainte-Sophie, la conversion en mosquée de l'église Saint-Sauveur-in-Chora confirmée

par Y.R. avec AFP
Publié le 13 mai 2024 à 20h22

Source : Sujet TF1 Info

Après quatre ans de restauration, l'église byzantine Saint-Sauveur-in-Chora d'Istanbul a rouvert ses portes, le 6 mai dernier, accueillant les premiers fidèles.
Un site religieux converti en mosquée, a confirmé le président turc, Recep Tayyip Erdogan, devant le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis.
Une décision scellée par Ankara malgré les vives protestations et réclamations d'Athènes à ce sujet.

Y voyant une "provocation", Athènes en exigeait l'annulation pure et simple. Malgré le "mécontentement" grec, et l'appel à "inverser la décision" qui irrite le monde orthodoxe, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, est resté droit dans ses bottes. En marge de la visite du Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, il a confirmé, lundi 13 mai, la conversion en mosquée de l'église Saint-Sauveur-in-Chora d'Istanbul, trésor du patrimoine byzantin.

"La mosquée de Kariye (son nom turc, ndlr) dans sa nouvelle identité reste ouverte à tous", a-t-il insisté devant la presse et aux côtés du dirigeant grec. "Comme je l'ai dit au Premier ministre (grec), nous avons ouvert notre mosquée Kariye au culte et aux visites après un travail de restauration minutieux conformément à la décision que nous avons prise en 2020."

"J'ai eu l'occasion de discuter avec M. Erdogan de la conversion de l'église Saint-Sauveur-in-Chora et je lui ai exprimé mon mécontentement", a fait valoir en retour Kyriakos Mitsotakis. "Il est au moins très important de préserver la valeur culturelle unique de ce monument, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, afin qu'il puisse rester accessible à tous les visiteurs." Recep Tayyip Erdogan avait, lui aussi, souligné "la grande importance" qu'il attache "à la protection de chaque monument qui constitue un bien du patrimoine culturel de l'Unesco et à le rendre accessible au bénéfice de notre nation et de toute l'humanité".

Un précédent avec Sainte-Sophie

Promoteur d'un islam politique, le président Erdogan avait ordonné, en août 2020, la conversion de cette église byzantine du Ve siècle, un mois après la réouverture au culte musulman de l'ancienne basilique Sainte-Sophie. Les premiers fidèles y ont été accueillis le 6 mai, au lendemain de la Pâques orthodoxe, alors que certaines fresques chrétiennes ont été masquées par un rideau.

Le Premier ministre grec Mitsotakis avait aussitôt exprimé "sa forte insatisfaction""Les mosquées ne manquent pas dans la ville. Ce n'est pas une façon de traiter le patrimoine culturel", avait-il réagi en rappelant qu'Istanbul "fut la capitale de Byzance et de l'Orthodoxie pendant plus de mille ans". À l'avant-veille de sa visite à Ankara, il avait annoncé, samedi 11 mai, son intention d'interpeller son hôte.

Un sujet de discorde, mais pas de quoi stopper le processus de normalisation des relations entamé par la Turquie et la Grèce, après des décennies de tensions et de malentendus. "Nous pensons que le renforcement de l'esprit de coopération entre la Turquie et la Grèce sera bénéfique aux deux pays et à la région", a salué Recep Tayyip Erdogan, évoquant une "réunion extrêmement productive, sincère et constructive". Ils ont notamment convenu de porter leurs échanges bilatéraux de près de 6 milliards de dollars l'année dernière, "à 10 milliards de dollars", selon le président turc.

"Aujourd'hui, nous avons montré qu'à côté de nos désaccords établis, nous pouvons écrire une nouvelle page", a également relevé Kyriakos Mitsotakis. "Nous souhaitons intensifier nos contacts bilatéraux. Continuons sur la voie positive".


Y.R. avec AFP

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