L'Afghanistan aux mains des talibans

Le chef de l'ONU redoute un scénario similaire à l'Afghanistan au Sahel

La rédaction de LCI avec AFP
Publié le 10 septembre 2021 à 8h58
António Guterres, secrétaire général des Nations Unies, le 29 avril 2021 , lors d'une conférence de presse à Chypre.

António Guterres, secrétaire général des Nations Unies, le 29 avril 2021 , lors d'une conférence de presse à Chypre.

Source : Fabrice COFFRINI / AFP

MISE EN GARDE - Antonio Guterres dit redouter que l’exemple afghan ne donne des idées à des groupes armés djihadistes au Sahel. Il réclame notamment un renforcement des "mécanismes de sécurité" dans la région.

Dans un entretien accordé à l'Agence France-Presse (AFP), Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, a affirmé craindre que l'exemple afghan ne donne des idées à des groupes armés jihadistes au Sahel, en réclamant un renforcement des "mécanismes de sécurité" dans cette région.

Au Sahel, "je crains l'impact psychologique et réel de ce qui s'est passé en Afghanistan", avec la prise du pouvoir par les talibans, a-t-il dit. "Il y a un vrai danger. Ces groupes terroristes [au Sahel] peuvent se sentir enthousiasmés avec ce qui s'est passé [en Afghanistan] et avoir des ambitions au-delà de ce qu'ils pensaient il y a quelques mois", a ajouté le chef de l'ONU.

Antonio Guterres s'inquiète également des "groupes fanatisés, avec une idéologie où la mort par exemple est désirable, des groupes disponibles pour tout faire. Et on voit des armées qui se désintègrent face à eux".

"On a vu cela à Mossoul en Irak, au Mali lors de la première poussée vers Bamako, on a vu cela au Mozambique [...] Ce danger est réel et il faut penser sérieusement à ses implications sur la menace terroriste et à la façon dont la communauté internationale doit s'organiser face à cette menace", a précisé Antonio Guterres.

Je crains que la capacité de réponse de la communauté internationale et des pays de la région ne soit pas suffisante face à la menace

Antonio Guterres

D'après lui, il est "essentiel de renforcer les mécanismes de sécurité au Sahel". Car "le Sahel est le point faible le plus important, qu'il faut soigner. Ce n'est pas seulement le Mali, le Burkina ou le Niger, maintenant on a des infiltrations en Côte d'Ivoire, au Ghana", a-t-il précisé.

Face au retrait progressif des troupes françaises et tchadiennes dans la région, le chef de l'ONU demande la création d'une "force africaine de lutte antiterroriste, avec un mandat sous chapitre sept [prévoyant le recours à la force] du Conseil de sécurité et avec des fonds affectés, qui puissent garantir une réponse au niveau de la menace".

Mais "je crains aujourd'hui que la capacité de réponse de la communauté internationale et des pays de la région ne soit pas suffisante face à la menace", a-t-il déploré.

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Le chef de l'ONU essaye depuis plusieurs années de conférer à la force G5 Sahel, formée par le Tchad, la Mauritanie, le Mali, le Niger et le Burkina Faso, un mandat fort de l'ONU accompagné d'un financement collectif de l'Organisation.

Premier contributeur financier à l'ONU et craignant que la force de Casques bleus déployée au Mali ne perde sa neutralité, les États-Unis, lui préférant une coopération bilatérale, refusent jusqu'à présent cette approche ardemment défendue aussi par la France. "Il faut que ce blocage se termine. C'est absolument essentiel", a toutefois demandé Antonio Guterres.


La rédaction de LCI avec AFP

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