Ukraine : onze mois de guerre

Terrorisme : la Russie soupçonnée de téléguider des groupes d'extrême droite espagnols

par Pierre Antoine VALADE
Publié le 23 janvier 2023 à 18h05
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Source : TF1 Info

Entre fin novembre et début décembre, pas moins de six lettres piégées ont été envoyées à Madrid dont les cibles les plus importantes étaient le Premier ministre, le ministre de la Défense et des diplomates étrangers.
Selon le "New York Times", des responsables américains affirment que l'opération, réalisée par un groupe d'extrême droite, aurait été commandité par Moscou.

Entre fin novembre et début décembre, six lettres piégées ont été envoyés sur des sites principalement à Madrid, notamment la résidence officielle du Premier ministre Pedro Sanchez, mais aussi les ambassades américaine, ukrainienne ou le ministère de la Défense. Aucune victime n'est à déplorer mais un employé de l'ambassade d'Ukraine a été blessé lorsqu'un des colis a explosé. 

Des liens avec les agences de renseignement russes

Des enquêteurs espagnols et étrangers ont ainsi enquêté afin de comprendre l'origine de ses lettres et après de multiples investigations, ils se sont concentrés sur le "Mouvement impérial russe", un groupe radical qui compte des membres et associés dans toute l'Europe et des centres d'entraînement de type militaire à Saint-Pétersbourg, en Russie.

Des responsables américains ont ajouté que le groupe, qui a été désigné organisation terroriste mondiale par le Département d'État américain, aurait des liens avec les agences de renseignement russes. Des membres importants du groupe se sont également rendus en Espagne et la police y a suivi ses liens avec des organisations espagnoles d'extrême droite.

Le Renseignement russe soupçonné

Toujours selon les responsables américains, le but apparent de l'action était de démontrer que la Russie et ses alliés pourraient mener des frappes terroristes à travers l'Europe, y compris dans les capitales des États membres de l'OTAN, qui aident à défendre l'Ukraine contre l'invasion de la Russie. L'Espagne est, en effet, membre de l'alliance et a apporté une aide militaire et humanitaire à l'Ukraine, ainsi qu'un soutien diplomatique. 

Les officiers russes à l'origine de la campagne de bombardement travailleraient pour la Direction générale du renseignement, communément appelée le GRU, selon des responsables américains qui ont choisi de garder l'anonymat pour des raisons de sécurité. Ces dernières années, toujours selon le New York Times, les membres de l'agence ont été impliqués dans une série d'activités obscures, allant de l'ingérence dans l'élection présidentielle américaine de 2016 à l'abattage d'un avion de ligne civil malaisien au-dessus de l'Ukraine en 2014.

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Une porte-parole de l'ambassade d'Espagne à Washington a refusé de commenter, citant l'enquête en cours. Fiona Hill, directrice principale pour l'Europe et la Russie au Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche dans l'administration Trump, a quant à elle déclaré qu'il ne serait pas surprenant que le GRU ait ordonné au Mouvement impérial russe de mener les attaques : "La plupart de ces types d'organisations sont bien sûr liées au renseignement russe, que ce soit le GRU ou le FSB." Pour l'heure, la Russie n'a pas commenté l'enquête. 


Pierre Antoine VALADE

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