Tesla condamné à payer 137 millions de dollars à un ancien employé victime de racisme

La rédaction de LCI, avec AFP
Publié le 6 octobre 2021 à 12h52
Le constructeur, déficitaire depuis dix ans, approche enfin le seuil de rentabilité.

Le constructeur, déficitaire depuis dix ans, approche enfin le seuil de rentabilité.

Source : SAUL LOEB / AFP

PROCÈS - Un jury californien a condamné l'entreprise automobile pour avoir fermé les yeux sur le racisme que subissait un ex-employé noir dans une usine du groupe. La compagnie d'Elon Musk devra donc payer presque 137 millions de dollars de dommages et intérêts.

C'est un jugement qui devrait faire date. Lundi 4 octobre, le jury du tribunal fédéral de San Francisco a octroyé à Owen Diaz 136,9 millions de dollars de dommages et intérêts pour les insultes racistes qu'il a subies alors qu'il travaillait dans l'usine du groupe Tesla située à Fremont, en Californie. 

 

Engagé via une agence de recrutement en tant qu'opérateur de monte-charge entre juin 2015 et juillet 2016, il a subi des insultes racistes et un environnement de travail hostile, selon des documents judiciaires.

L'image progressiste de Tesla, une façade ?

Durant le procès, Owen Diaz a expliqué que les Afro-Américains de l'usine, où son fils travaillait aussi, étaient régulièrement victimes de surnoms racistes et de dénigrement. "L'image progressiste de Tesla était une façade cachant le traitement rétrograde et dévalorisant de ses employés afro-américains", selon la plainte.

Owen Diaz a affirmé que malgré des plaintes à la hiérarchie, Tesla n'a pas réagi pour mettre fin au racisme quotidien. Du côté de Tesla, la vice-présidente chargée des ressources humaines, Valerie Capers Workman, a reconnu une partie des faits dans un communiqué publié dans la foulée du verdict, assurant que le groupe était conscient "qu'en 2015 et 2016 nous n'étions pas parfaits".

Elle mentionne qu'à l'usine de Fremont, d'autres employés ont témoigné avoir "entendu régulièrement des insultes racistes", dont le mot "nigger" ("nègre"). Selon elle, ces salariés ont dit que "la plupart du temps, ils pensaient que ce langage était utilisé de façon 'amicale' et en général par des collègues afro-américains". Elle a indiqué que Tesla avait réagi aux plaintes d'Owen Diaz en congédiant deux contractuels.

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"Ils inventent des excuses", répond de son côté l'avocat d'Owen Diaz, Larry Organ, spécialiste des droits civiques, assurant que c'était justement sur ce point que Tesla était condamné. "Notre ligne d'attaque était que Tesla n'assume pas ses responsabilités", a détaillé Larry Organ.

Pour lui, le jugement devrait secouer d'autres entreprises américaines. "Ils ont décidé d'un montant qui pourrait servir de sonnette d'alarme pour les firmes américaines", a-t-il déclaré. "Ne vous comportez pas de façon raciste et ne laissez pas le racisme perdurer".


La rédaction de LCI, avec AFP

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