AVEUX - Dans une entrevue avec les forces kurdes, qui ont annoncé sa capture le 27 décembre, le djihadiste français est revenu sur son parcours au sein du groupe Etat islamique. Il y prend ses distances avec les membres de l'organisation terroriste, "des malhonnêtes" qui voulaient "juste qu'on se batte pour eux, pour le pétrole".
En attendant que son sort et le choix de sa prochaine destination ne soient scellés, Thomas Barnoin doit répondre à quelques questions. Le djihadiste, dont la capture en Syrie par les forces démocratiques kurdes a été annoncée le 27 décembre dernier, a été interrogé par l'YPG (Unités de protection du peuple kurde). Un entretien filmé dont un extrait de près de 10 minutes a été diffusé dans l'après-midi du 10 janvier.
Converti au djihad en 2005
Visiblement las, l'Albigeois d'origine, réputé proche des frères Clain (à qui l'on doit notamment la revendication des attentats du 13 novembre), membre de la filière d'Artigat dirigée par "l'émir blanc" Olivier Correl, raconte, en anglais, son parcours à son interrogateur : "J'ai combattu pour Daech pendant quatre ans. Puis j'ai compris que c'étaient des criminels et j'ai essayé de les quitter."
Et avant ? Il dit avoir étudié "l'histoire et les langues arabes en France", où il était "marié avec deux enfants", qu'il a emmenés avec leur mère en Syrie, où il en a d'ailleurs eu deux autres. S'il se confie peu - en tout cas dans l'extrait - sur son rôle au sein de Daech, il est en revanche plus disert sur les années précédentes : "Je suis né dans une famille chrétienne et je me suis converti à l'islam en 1999. Puis j'ai été étudié en Arabie Saoudite entre 2003 et 2006, et je me suis converti à l'idéologie djihadiste en 2005."
"Ils ont déçu les musulmans du monde entier"
Un djihad qui ne s'offrira pas à lui facilement. En effet, il devra s'y prendre à deux fois pour venir en Syrie. Une première fois, il est renvoyé en France, où la justice le condamne, en 2009 : "J'ai passé trois ans en prison", énonce-t-il, avant d'expliquer comment, une fois libéré, des musulmans sont venus le chercher pour l'inciter à venir aider à l'établissement d'un Etat islamique. "Je suis revenu en Syrie en 2014, en prenant un avion depuis l'Espagne jusqu'en Turquie, où j'ai été pris en charge par un passeur qui m'a fait passer la frontière sans problème. [...] Je suis rentré en Syrie très facilement."
A propos de l'organisation Etat islamique, peu de qualités lui viennent en tête au moment de donner son avis : "C'est une création des services de renseignement, ce n'est pas une organisation islamique sincère. Mon avis, c'est qu'ils ont peut-être été installés par d'anciens baasistes (ndlr, les membres du parti de Saddam Hussein lorsqu'il dirigeait l'Irak)." Celui qui est considéré comme un haut dirigeant de l'organisation met un maximum de distances avec, sans renier son attachement au djihad : "Ce que j'ai vu d'eux fait me fait dire que ce sont des criminels, des malhonnêtes. Ils voulaient juste qu'on se batte pour eux, pour le pétrole. J'ai commencé à comprendre que ces hommes, des Irakiens, des Saoudiens, pour quelques-uns des Syriens, n'étaient pas sincères. Ils ont déçu les musulmans du monde entier."
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