Trois personnes suspectées d'"encourager à commettre des attentats terroristes" en France arrêtées en Espagne

La rédaction de LCI
Publié le 30 avril 2021 à 10h08
Trois personnes suspectées d'"encourager à commettre des attentats terroristes" en France arrêtées en Espagne

Source : VALERY HACHE / AFP

DJIHADISME - La police espagnole a annoncé jeudi que trois personnes "très radicalisées" avaient été arrêtées mardi à Grenade. Elles sont soupçonnées d'appeler à des attentats en France après la republication en 2020 par Charlie Hebdo de caricatures de Mahomet.

Trois personnes "très radicalisées" ont été arrêtées à l'aube mardi dans la ville de Grenade à l'issue de six mois d'enquête, a annoncé jeudi la police espagnole. Elles sont soupçonnées d'appeler à des attentats en France après la republication en 2020 par Charlie Hebdo de caricatures de Mahomet. Les suspects ont été présentés au juge jeudi. "Il y avait une claire menace à la sécurité publique, non seulement en Espagne, mais aussi en France", a déclaré la police dans un communiqué.

Des suspects suivis par 19.000 personnes sur les réseaux sociaux

L'enquête des forces de police avait commencé en octobre, un mois après la nouvelle publication par l'hebdomadaire français Charlie Hebdo de caricatures de Mahomet. Les trois suspects avaient recouru aux réseaux sociaux et à leurs comptes avec près de 19.000 followers afin d'"encourager à commettre des attentats terroristes contre des Français et des institutions françaises".

L'opération de police, filmée, a été en partie diffusée sur Twitter par la police espagnole jeudi. On y voit des membres des forces de l'ordre, casquées et lourdement armées, pénétrer en file indienne dans un bâtiment, de nuit. Puis les trois suspects sortir, menottés et le visage masqué par un vêtement. Deux d'entre eux semblaient résider au même endroit.

Mercredi, le gouvernement a présenté sa nouvelle loi antiterroriste qui vise notamment à renforcer la surveillance d’Internet par des algorithmes. Lors d'une conférence de presse Gérald Darmanin a expliqué l'intérêt de cette mesure : "lorsqu'on [navigue] à la recherche de vidéo de décapitations, les services de renseignement ne peuvent pas le savoir et suivre cette personne. Demain, nous pourrons connaître cette information et la DGSI demandera au ministre de l'Intérieur [et aux autorités concernées] la possibilité de lever l'anonymat". Le gouvernement compte s'appuyer sur des "boîtes noires" capables, grâce à un algorithme, de repérer "des signaux faibles" d'une radicalisation ou d’un passage à l'acte. Installées à des endroits clés du réseau chez les hébergeurs et les fournisseurs d’accès à Internet (Google, Orange, Bouygues…), elles collectent et analysent des métadonnées (date d’envoi d'un message, localisation, appareil utilisé, etc.).

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Mis en service en 2017, ce système, qui devait n'être que temporaire, va être pérennisé par la loi. Sur France Inter à l'occasion de la présentation de celle-ci, Gérald Darmanin a affirmé qu'il y avait déjà eu "deux attentats déjoués grâce aux traces numériques, sur les 35 que nous avons déjoués depuis 2017".


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