Trump appelle ses partisans à le défendre, mais a-t-il encore des soutiens ?

Publié le 19 mars 2023 à 17h03

Source : TF1 Info

Donald Trump a appelé ses partisans à "protester" contre une éventuelle arrestation.
Un message qui rappelle celui envoyé quelques jours avant la prise du Capitole.
Deux ans après cette violente émeute, le candidat à la Maison Blanche compte toujours beaucoup de soutiens.

Quelques lettres en majuscules suffisent à embraser ses troupes. Dans un message adressé à ses partisans ce samedi matin, Donald Trump a prévenu qu'il allait être "arrêté" mardi 21 mars, réclamant des manifestations. "Protestez, reprenez notre nation !", a demandé l'ancien président des États-Unis sur sa plateforme Truth Social. Un appel renouvelé quelques heures après sa première publication, toujours en lettre majuscules : "Il faut sauver l'Amérique, manifestez, manifestez, manifestez !!!" Deux messages dont la tonalité rappelle indubitablement ceux publiés avant l'assaut contre le Capitole américain.

Un soutien politique infaillible

Si le contexte a changé, la rhétorique est la même. En janvier 2021, Donald Trump voulait protester contre le prétendu "vol" de l'élection présidentielle. Désormais, il affirme que ses ennuis judiciaires sont orchestrés pour faire tomber "le leader Républicain" dans la course à la Maison Blanche. Une attaque contre la démocratie américaine reprise en chœur par les Républicains, chez qui il possède encore de nombreux relais. 

Par exemple, la représentante Elise Stefanik a décrit une "tentative de faire taire et de réprimer la volonté des électeurs qui soutiennent le président Trump et le mouvement America First". Élue à New York, elle est allée encore plus loin, évoquant une "gauche radicale" qui, "sachant qu'elle ne peut pas battre le président Trump dans les urnes, suit l'exemple des dictateurs socialistes". Le représentant de l'Arizona, Andy Biggs, a quant à lui tenté d'agiter directement les soutiens complotistes de Donald Trump, publiant un message plein de sous-entendus : "S'ils peuvent venir chercher Trump, ils viendront vous chercher." 

Une vague de soutien qui a déferlé jusqu'au président de la Chambre des représentants. Personnalité parmi les plus puissantes du gouvernement fédéral, Kevin McCarthy a requis la tenue d'une enquête pour connaître les "motivations politiques" du procureur de Manhattan, chargé du dossier.

Sur les réseaux sociaux, les personnalités politiques républicaines se sont donc clairement positionnées du côté de Donald Trump, dénonçant une "république bananière". Sans pour autant prendre le risque de lancer des appels à manifester. Même les partisans les plus explosifs du sulfureux milliardaire se sont retenus. "Nous n'avons pas besoin de protester contre le plan des démocrates communistes", a tweeté Matt Gaetz, ce fanboy élu en Floride qui avait élaboré un plan fou destiné à remettre Donald Trump au pouvoir. 

Le souvenir du Capitole est encore vivace

Il faut dire que les souvenirs de l'invasion du Capitole sont encore vivaces chez ces parlementaires, qui craignent d'être tenus responsables en cas de violence. Mais qu'en est-il des sphères pro-Trump sur les réseaux sociaux ? Dans ces discussions où règne l'impunité, les soutiens sont encore très actifs. Sur le forum d'extrême droite TheDonald.win, une idée a rapidement gagné en popularité. "Encercler Mar-a-Lago ou l'endroit où il se trouve actuellement, et empêcher les forces de l'ordre d'entrer". Une publication sous laquelle chacun y est allé de son commentaire sur le type de munitions à privilégier. Ali Alexander, leader du mouvement "Stop the Steal" à l'origine des appels à se rendre au Capitole, a lui-même suggéré que "100.000 patriotes" se rendent sur les routes pour "fermer les accès vers Mar-a-Lago", où se situe la villa du magnat de l'immobilier.

Sur le forum d'extrême droite TheDonald.win, l'idée d'encercler la résidence de Donald Trump gagne du terrain
Sur le forum d'extrême droite TheDonald.win, l'idée d'encercler la résidence de Donald Trump gagne du terrain - Capture d'écran

Mais pour l'heure, rien ne laisse penser que cet appel à "reprendre la nation" ait atteint les sphères les plus actives. Des groupes comme les Proud Boys ou le mouvement Three Percenter, qui avaient largement participé à l'assaut du Congrès américain, ne se sont pas prononcés sur la question. Et même Ali Alexander a indiqué qu'il ne participera à aucune protestation. "Maintenant, je suis à la retraite. Mais je prierai pour lui", a-t-il écrit sur Twitter, alertant sa communauté. "Si vous manifestez à New York, vous serez dans la juridiction la plus hostile des États-Unis. Il n'y a pas de loi et d'ordre. Vous n'y avez ni liberté ni droit. Vous serez emprisonnés", croit-il savoir, invitant plutôt ses partisans à aider les familles des personnes arrêtées pour leur responsabilité dans les émeutes au Capitole. "La dernière fois que les plus grands fans de Trump ont manifesté en son nom, il les a tous laissés pourrir en prison sans même donner un centime en frais de justice", a également dénoncé l'influenceur ultra-conservateur Jesse Kelly. 

Sans l'audience fournie par la Maison Blanche ni le soutien de ses relais les plus radicaux, les appels de Donald Trump demeurent pour l'instant cantonnés à des forums d'extrême droite. Reste que les autorités se préparent au pire. D'après la presse américaine, plusieurs réunions de sécurité ont eu lieu pour maintenir d'éventuelles violences de masse.


Felicia SIDERIS

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