"Affligeant et dangereux" : tollé après les menaces de Donald Trump contre l'Otan

par J.F
Publié le 11 février 2024 à 18h06, mis à jour le 11 février 2024 à 22h28

Source : TF1 Info

Au cours d'un meeting ce samedi, Donald Trump a menacé de ne plus garantir la protection des pays de l'Otan, face à la Russie notamment, en cas de retour à la Maison-Blanche.
Qualifiés d'"affligeants et dangereux" par son successeur Joe Biden, ces propos suscitent l'indignation et l'inquiétude des membres de l'Alliance.

S'il revient au pouvoir, Donald Trump sera-t-il un allié fiable pour l'Otan ? Il semblerait que non. Ce samedi 10 février, lors d'un meeting en Caroline du Sud, l'ex-président des États-Unis, en course pour un nouveau mandat, a menacé de ne plus garantir la protection des pays membres de l'Alliance, en évoquant une conversation avec l'un de ses dirigeants. 

"Un des présidents d'un gros pays s'est levé et a dit : eh bien, monsieur, si on ne paie pas et qu'on est attaqué par la Russie, est-ce que vous nous protégerez ?", a raconté le milliardaire avant de révéler sa réponse : "Non, je ne vous protègerais pas. En fait, je les encouragerai à vous faire ce qu'ils veulent. Vous devez payer vos dettes".

Une affirmation qui a suscité une vague d'indignation, à commencer chez ses opposants démocrates et son successeur Joe Biden. "Le fait que Donald Trump avoue qu'il compte donner le feu vert à Poutine pour davantage de guerre et de violence, pour continuer son assaut brutal contre une Ukraine libre et pour étendre son agression aux peuples de Pologne et des Etats baltes est affligeant et dangereux", a réagi par communiqué le président américain.

"Encourager l'invasion de nos alliés les plus proches par des régimes meurtriers est consternant et insensé", avait auparavant déclaré Andrew Bates, porte-parole de la Maison-Blanche, dans un communiqué publié samedi soir. "Plutôt que d'appeler à la guerre et de promouvoir le chaos, le président Biden continuera à soutenir le leadership américain", a-t-il ajouté.

Des menaces qui "ne servent que les intérêts de Poutine"

Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a mis en garde contre les propos qui "sapent notre sécurité". "Toute suggestion selon laquelle les Alliés ne se défendront pas les uns les autres sape notre sécurité à tous, y compris celle des États-Unis, et expose les soldats américains et européens à un risque accru", a-t-il écrit dans un communiqué. "L'Otan reste prête et capable de défendre tous les Alliés." 

"Toute attaque contre l’Otan entraînera une réponse unie et énergique", a ajouté le Norvégien, se disant néanmoins "convaincu que les États-Unis resteront un Allié fort et engagé (...), quel que soit le vainqueur de l’élection présidentielle".

En Europe, le président du Conseil européen Charles Michel a dénoncé "des déclarations imprudentes sur la sécurité de l’Otan" qui "ne servent que les intérêts de Poutine" et "n’apportent ni plus de sécurité ni plus de paix dans le monde"

"Au contraire, elles soulignent à nouveau la nécessité pour l'UE de développer de toute urgence son autonomie stratégique et d'investir dans sa défense", a-t-il poursuivi, sur la même ligne que le commissaire européen Thierry Breton, qui était interrogé sur LCI à la mi-journée. 


J.F

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