Tuerie d'Uvalde : 19 enfants abattus dans une école du Texas

Tuerie d'Uvalde : la police sous le feu des critiques, les familles en colère

Aurélie Loek
Publié le 27 mai 2022 à 9h00
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Deux jours après le drame qui a fait 21 victimes dont 19 enfants, les parents cherchent à comprendre pourquoi la police a mis tant de temps à arrêter l'auteur de la tuerie.
Salvador Ramos est resté une heure dans l'école avant d'être neutralisé par les forces de l'ordre.

Après la douleur, la communauté d'Uvalde et le reste de l'Amérique tentent encore de comprendre le déroulé du massacre qui a eu lieu dans une école primaire du Texas. Jeudi, la police était sous le feu des critiques, soupçonnée d'avoir mis trop de temps à intervenir. Lors d'une conférence de presse, Victor Escalon, un responsable des forces de l'ordre, a tenté de justifier la réaction des agents, sans véritablement convaincre.

Des parents empêchés d'entrer dans l'école

L'assaillant, un adolescent de 18 ans armé d'un fusil semi-automatique AR-15, serait resté "environ une heure" dans l'école avant que des unités de la police aux frontières américaine arrivent et tuent le suspect, une éternité pour les parents réunis rapidement devant l'établissement. 

Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux et obtenue par Storyful, on peut voir des parents frustrés, exhorter la police à entrer dans l'établissement au moment du drame. Certains racontent avoir été empêchés d'entrer par des policiers. Une mère a confié au Wall Street Journal qu’elle avait même été menottée, mais qu’elle avait réussi à se dégager et à sauter par-dessus la clôture pour aller chercher ses enfants.

Pas de garde devant l'établissement

Reprenant le déroulé du massacre, Victor Escalon, le directeur régional du département de la Sécurité de l'État du Texas, a indiqué lors d'une conférence de presse que Salvador Ramos était entré dans l'école à 11h40. Alors que la police avait d'abord mentionné que l'auteur de la tuerie avait été confronté à un garde non armé de l'école avant de s'introduire dans le bâtiment, le responsable a révélé qu'il avait pu entrer directement dans l'établissement, sans faire face à personne. 

Le tueur serait entré dans les locaux par une porte arrière, qui n'aurait pas été verrouillée, contrairement aux consignes de sécurité. Une fois à l'intérieur, il serait entré dans une classe et aurait tiré plus de 25 fois. Des agents de police seraient alors arrivés quatre minutes plus tard. "Ils entendent des coups de feu, prennent des balles, se replient et s'abritent", a raconté le responsable de la police jeudi. Le tireur se serait alors retranché dans la salle de classe.

Le tireur, retranché dans une classe pendant une heure

Le porte-parole du DPS (Department of Safety) Chris Olivarez a de son côté précisé auprès de CNN que trois agents des forces de l'ordre sont entrés par la même porte utilisée par le tireur et quatre sont passés par une autre entrée. Ils ont alors demandé plus de ressources et de personnel, mais surtout, ont commencé à évacuer les élèves et les enseignants dans d'autres parties de l'école. Ils auraient par la suite entamé des "négociations" avec le suspect, jusqu'à ce que la police aux frontières arrive.

Pour Chris Olivarez, les officiers ont donc sauvé des vies en attendant d'affronter physiquement le tireur. "À ce moment-là, le suspect était contenu dans la salle de classe", a-t-il déclaré à CNN. "Si ces officiers n'étaient pas là, s'ils ne maintenaient pas leur présence, il y a de fortes chances que ce tireur ait pu se rendre dans d'autres salles de classe et commettent d'autres meurtres."

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Les différentes déclarations n'ont cependant pas permis de déterminer précisément les événements qui ont meurtri la petite ville d'Uvalde. Les policiers n'ont ainsi pas expliqué comment le tireur avait pu rester à l'intérieur d'une classe pendant si longtemps. Depuis la fusillade de l'école Columbine en 1999, le protocole d'intervention d'urgence dans de telles situations consiste à mettre fin à la menace aussi rapidement que possible, car les décès peuvent se multiplier dans un laps de temps très court. Face à la presse en nombre et à la douleur des familles, Victor Escalon a répété qu'il y avait "beaucoup d'informations, de nombreux points fluctuants" dans l'enquête. "Cela prend des jours, des heures, cela prend du temps", a-t-il rappelé. 


Aurélie Loek

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