Turquie : après Sainte-Sophie, une nouvelle église transformée en mosquée à Istanbul

Publié le 21 août 2020 à 19h50
Erdogan a annoncé la conversion d'une nouvelle église en mosquée à Istanbul
Erdogan a annoncé la conversion d'une nouvelle église en mosquée à Istanbul - Source : Adem ALTAN / AFP

RELIGION - Le président Recep Tayyip Erdogan a annoncé l'ouverture au culte musulman de l'Eglise de la Chora à Istanbul. Cette décision, prise quelques semaines après la reconversion de Sainte-Sophie, est très critiquée.

Nouveau coup de tonnerre ! Après la conversion de Sainte-Sophie en mosquée, une nouvelle église byzantine s'apprête à subir le même sort. Le président turc a décidé d'"ouvrir au culte" musulman l'Eglise de la Chora. Il s'appuie sur une décision du Conseil d'Etat rendue dans ce sens l'an dernier. Pour de nombreux observateurs, cette manœuvre vise à galvaniser la base électorale conservatrice et nationaliste d'Erdogan. Un socle fragilisé par la crise du coronavirus.

Construite au 5e siècle, l'église Saint-Sauveur-in-Chora est essentiellement connue pour la splendeur de ses mosaïques et de ses fresques, dont une monumentale composition du Jugement dernier. Cette emblématique construction a été transformée en mosquée lors de l'invasion ottomane (1453) avant de devenir un musée après la Seconde Guerre Mondiale. 

"Effacer les traces de la civilisation grecque et chrétienne"

Plusieurs voix s'élèvent déjà contre cette initiative présidentielle. L'historienne Zeynep Turkyilmaz s'alarme. L'Islam interdisant les représentations figuratives, l'héritage artistique du bâtiment se retrouve menacé. Elle explique : "c'est l'équivalent d'une destruction, car il est impossible de transformer cette architecture intérieure en la préservant". La chercheuse affirme également que les tensions Turco-grecques jouent un rôle important dans cette décision. "Il y a une volonté d'effacer les traces de la civilisation grecque et chrétienne. En mettant la main sur un lieu appartenant à la civilisation grecque, on rappelle aussi à la Grèce sa place d'ancien membre de l'empire que les Turcs dominaient", estime t-elle. Athènes a d'ailleurs fustigé "une autre provocation envers les croyants et la communauté internationale".


Maxence GEVIN

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