Selon un dernier bilan, l'attentat survenu, dimanche 13 novembre, dans une artère commerçante d'Istanbul, a fait six morts et 81 blessés.
Les autorités turques ont arrêté 46 suspects, dont une jeune femme qui aurait posé la bombe à l'origine de l'explosion meurtrière.
Ankara a attribué cette attaque aux Kurdes du PKK, que la Turquie considère comme une organisation terroriste.

"L'ordre de l'attentat a été donné de Kobané." Le ministre turc de l'Intérieur, Suleyman Soylu, a accusé le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) pour l'attentat qui a fait au moins six morts et 81 blessés, selon un dernier bilan, dimanche 13 novembre, dans l'artère piétonne commerçante d'Istiklal, à Istanbul. Parmi les victimes - toutes des citoyens turcs - de l'attaque non revendiquée, survenue en pleine après-midi dans cette rue ultrapopulaire, figurent une fille de 9 ans et une autre de 15 ans. Au total, 24 blessés restaient hospitalisés lundi, pour six en soins intensifs. De son côté, le PKK, en lutte armée contre Ankara depuis près de quarante ans, a démenti toute implication.

"Nous trouverons ceux qui sont derrière cet attentat, qui que ce soit, même s'il va à l'autre bout du monde", avait promis le vice-président Fuat Oktay, peu après l'attaque dans cette rue bondée, qui a été rouverte lundi 14 novembre au matin. Une promesse formulée également par le président Recep Tayyip Erdogan, après l'explosion qu'il avait qualifiée de "vil attentat".

La poseuse de bombe présumée arrêté

Sur place, l'enquête diligentée par les autorités est allée vite. "La personne qui a déposé la bombe a été arrêtée" de l'attentat, une femme, a annoncé le ministre de l'Intérieur, Süleyman Soylu, dans une déclaration nocturne, relayée par l'agence officielle Anadolu et les télévisions locales. 

La jeune femme a été interpellée avec plusieurs autres suspects dans un appartement à Kucukcekmece, dans la banlieue d'Istanbul. Présentée comme Alham Albashir, de nationalité syrienne, elle serait entrée clandestinement en Turquie en passant par Afrine, dans le nord-est syrien, contrôlée par des soldats turcs et leurs supplétifs syriens. Selon le ministre, elle s'apprêtait à "fuir en Grèce". De son côté, la police turque a indiqué qu'elle avait reconnu les faits. Elle aurait admis avoir agi "sur ordre du Parti des travailleurs du Kurdistan", ont affirmé les forces de l'ordre, cités par des médias locaux. Selon elles, elle aurait reçu des directives en ce sens à Kobané, dans le Nord-Est de la Syrie, une zone largement contrôlée par des mouvements kurdes alliés au PKK.

"D'après nos conclusions, l'organisation terroriste PKK est responsable", avait déjà dénoncé Süleyman Soylu, pointant directement la ville de Kobané comme le lieu d'où aurait été donné l'ordre d'attaquer. Célèbre pour la bataille qui, en 2015, a permis aux forces kurdes de repousser le groupe État islamique, cette ville du nord de la Syrie est contrôlée par les Forces démocratiques syriennes (FDS), dont les Unités de protection du peuple (YPG), alliées au PKK, sont une composante majeure. 

Le ministre turc, qui s'est de nouveau rendu sur les lieux du carnage lundi, a ensuite annoncé que 46 personnes ont été arrêtées désormais. "Les opérations continuent" pour arrêter d'autres suspects, a-t-il indiqué. "Ils ont voulu nous adresser un message, nous l'avons reçu et nous allons y répondre de la façon la plus ferme qui soit", a martelé Süleyman Soylu.

Le PKK s'est pour sa part défendu d'être à l'origine de l'attaque. "Nous n'avons aucun lien avec cet événement, nous ne visons pas les civils et rejetons les opérations qui le font", a affirmé le PKK, via l'agence de presse Firat qui lui est proche. Considéré comme une organisation terroriste par Ankara et par ses alliés occidentaux, dont les États-Unis et l'Union européenne, il affronte le gouvernement turc depuis le milieu des années 1980 et a été souvent été rendu responsable par le passé d'attentats sanglants sur le sol turc.


La rédaction de TF1info

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