Au moins 110 personnes ont été arrêtées mardi en Turquie dans le cadre d'une opération "anti-terroriste".Celle-ci a visé le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).Elle a été dénoncée comme une "tentative d'intimidation", à trois semaines des élections.
Des avocats, des journalistes mais aussi des acteurs. Au moins 110 personnes ont été arrêtées mardi 25 avril en Turquie dans le cadre d'une vaste opération "anti-terroriste". Dans le viseur d'Ankara : le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).
L'opération a été menée dans 21 provinces du pays, dont celle de Diyarbakir (sud-est), à majorité kurde. Selon la chaîne de télévision publique TRT, la police détient des personnes soupçonnées d'avoir financé le PKK, classé par Ankara et ses alliés occidentaux comme organisation terroriste et interdit dans le pays, ou d'avoir recruté de nouveaux membres.
"Le nombre d'interpellations pourrait atteindre 150"
Des suspects auraient transféré de l'argent au PKK par l'intermédiaire de sociétés opérant depuis des municipalités gérées par le principal parti pro-kurde de Turquie, le Parti démocratique des peuples (HDP), affirme TRT. Le HDP, dont le candidat à la présidentielle de 2018 avait terminé troisième avec 8,4% des suffrages exprimés, est considéré comme le "faiseur de roi" du scrutin du 14 mai, qui s'annonce disputé.
Selon l'Association du barreau de Diyarbakir, "le nombre total d'interpellations pourrait atteindre 150", dont au moins "une vingtaine d'avocats, cinq journalistes, trois acteurs de théâtre et un politicien". Les avocats sont interdits de tout contact avec leurs clients pendant 24 heures, a précisé l'Association.
Le timing de ce coup de filet est tout sauf anodin : les élections présidentielle et législatives se tiennent en mai en Turquie. Et elles seront décisives pour le maintien, ou non, du président Recep Tayip Erdogan et de son parti AKP, au pouvoir depuis deux décennies. L'opposition présente un front uni de six partis qui a désigné un candidat unique à la présidence, Kemal Kiliçdaroglu, auquel le HDP a apporté son soutien. Le HDP est la troisième force politique du pays et deuxième formation d'opposition au Parlement : son co-président et principale figure, Selahattin Demirtas, est en prison depuis 2016 pour "propagande terroriste".
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