L'Holodomor reconnu comme un "génocide" : Moscou fustige le "zèle antirusse" des députés français

par Y.R. avec AFP
Publié le 1 avril 2023 à 15h29

Source : TF1 Info

La Russie a condamné, samedi 1er avril, le vote de l'Assemblée nationale française reconnaissant l'Holodomor ukrainien comme un "génocide".
Cette famine a été ordonnée par le régime soviétique de Joseph Staline, au début des années 1930, faisant plusieurs millions de morts.

Moscou y voit "une action vide et insensée", "organisée à la hâte pour plaire au régime de Kiev." La Russie a qualifié, samedi 1er avril, de "zèle antirusse répugnant" le vote de l'Assemblée nationale, qualifiant de "génocide" l'Holodomor ukrainien. Dans une résolution adoptée, mardi 28 mars, à une quasi-unanimité (168 voix contre 2), les députés français ont reconnu, à l'instar du Bundestag et du Parlement européen, "le caractère génocidaire" de cette grande famine, provoquée volontairement au début des années 1930 par le dictateur soviétique Joseph Staline, à l'origine de la mort d'au moins 4 millions de personnes. 

Une classification que réprime le Kremlin, invoquant le fait que l'Holodomor, que l'on peut traduire par "l'extermination par la faim", n'a pas seulement fait des victimes ukrainiennes, mais aussi russes, kazakhes, et parmi d'autres peuples. "Le zèle antirusse des députés français paraît d'autant plus répugnant que la France elle-même n'a pas encore fermé la page de ses crimes de la période coloniale", a asséné, dans un communiqué, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova. "Une fois de plus, nous sommes confrontés à la duplicité et à la russophobie de nos adversaires européens". 

La haute responsable du ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé "les doubles standards de 'l'Occident collectif'", pestant contre "les tentatives des parlementaires français d'assimiler la terrible famine du début des années 1930 à des horreurs aussi inhumaines que l'Holocauste ou le génocide au Rwanda 1994." "Voici un exemple clair de spéculation pure et simple où Paris est prêt à aller pour convaincre ses citoyens de la nécessité d'alimenter un conflit armé loin de leur propre pays", a poursuivi la proche collaboratrice de Sergueï Lavrov, fustigeant une volonté nuisible de "réécrire la justice historique".


Y.R. avec AFP

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