En difficulté en Ukraine, Poutine choisit l'escalade

Ukraine : la Russie et le nucléaire, Zelensky prêt à "un compromis"… Le point sur la situation

Laetitia Asgarali Dumont
Publié le 23 mars 2022 à 6h32
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Source : JT 20h Semaine

Des bombes "surpuissantes" ont frappé ce mardi la ville de Marioupol où près de 100.00 civils seraient coincés, "en état de siège total" selon le président ukrainien.
Volodymyr Zelensky s'est dit prêt à discuter avec Vladimir Poutine d'un "compromis" pour "arrêter la guerre", mais à certaines conditions.
Les faits marquants de ces 24 dernières heures.

Au 27e jour du conflit en Ukraine, les bombardements se multiplient dans la ville de Marioupol. Alors que deux bombes "surpuissantes" ont été lancées sur la ville, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé la situation dans une vidéo publiée ce mercredi matin. "Près de 100.000 personnes dans des conditions inhumaines" sont piégées dans les ruines de Marioupol, "en état de siège total, sans nourriture, sans eau, sans médicaments, sous des bombardements", dit-il. 

Dans la nuit de mardi, le président ukrainien a également lancé un appel au Pape François pour que ce dernier devienne le médiateur entre Kiev et Moscou dans cette guerre. Il lui a aussi demandé lors d'un appel téléphonique "de venir dans notre pays dans ce moment très important". "Et je crois que nous pouvons organiser cette visite importante qui apporte un soutien significatif à chacun d'entre nous, chaque Ukrainien", a-t-il ajouté. Le président Volodymyr Zelensky doit s'adresser au parlement français ce mercredi à 15 heures alors que la situation se détériore de jour en jour dans le pays.

Deux bombes "superpuissantes" sur Marioupol, Kiev doit lever son couvre-feu

"Bombes superpuissantes" à Marioupol. La ville portuaire au sud de l'Ukraine, désormais en ruines, a été frappée ce mardi par deux "bombes superpuissantes", selon les autorités de la ville, qui n'ont pas pu établir un bilan humain. Plus de 100.000 civils sont toujours coincés dans la grande ville, où des chars russes sont entrés après des semaines de bombardement. Trois couloirs humanitaires devaient être ouverts entre la ville de Zaporojie et des localités proches de Marioupol, que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé la Russie de "tout simplement détruire". La ville d'Avdiivka, toute proche de Donetsk, a été la cible dans la soirée de lundi d'une attaque russe qui a fait au moins cinq morts et 19 blessés, a annoncé mardi une responsable ukrainienne.

Levé du couvre-feu à Kiev. Alors que la capitale Ukrainienne est soumise à un troisième couvre-feu depuis lundi soir, celui-ci devrait être lever ce mercredi matin. Cependant, la situation reste risquée selon les autorités alors que les troupes russes tentent d'encercler la ville. Mardi, le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a affirmé avec foi la détermination et résistance du peuple ukrainien devant le Conseil de l'Europe. "Jamais nous ne sous rendrons", dit le maire de Kiev, "Dans le pire des cas nous mourrons, mais jamais nous ne nous rendrons".

La Russie n'utilisera le nucléaire qu'en cas de "menace existentielle", le président ukrainien prêt à un "compromis" avec Poutine

Volodomyr Zelensky se dit prêt à un "compromis". Le président ukrainien s'est dit prêt à discuter avec son homologue russe Vladimir Poutine d'un "compromis" sur le Donbass et la Crimée pour "arrêter la guerre", estimant toutefois que tout compromis devrait être ratifié par les Ukrainiens par référendum. Le Kremlin a jugé de son côté que les pourparlers en cours avec Kiev n'étaient pas assez "substantiels".

La Russie n'utilisera l'arme nucléaire qu'en cas de "menace existentielle". Moscou n'utilisera l'arme nucléaire en Ukraine qu'en cas de "menace existentielle" des Ukrainiens ou d'autres pays contre la Russie elle-même, a affirmé ce mardi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov sur la chaîne CNN International. "Nous avons une doctrine de sécurité intérieure, cela est public, vous pouvez y lire toutes les raisons pour l'utilisation des armes nucléaires. Et s'il s'agit d'une menace existentielle pour notre pays, alors elles peuvent être utilisées en accord avec notre doctrine", a-t-il dit.

De nouvelles sanctions occidentales en vue. La Maison Blanche a annoncé que les pays Occidentaux prévoyait "de nouvelles sanctions contre la Russie et de renforcer" celles qui existent déjà, ce jeudi. Washington a assuré par ailleurs que les États-Unis n'avaient "pas vu la Chine fournir de l'équipement militaire à la Russie" depuis le récent échange du président Joe Biden avec son homologue chinois Xi Jinping, tout en assurant que Washington "continuait à surveiller" de telles potentielles actions de la part de Pékin.

Le président français Emmanuel Macron a de son côté échangé avec le président Poutine. Il a dénoncé l'usage par la Russie "d'armes explosives dans des zones densément peuplées", estimant que "tout, dans l'agression de l'Ukraine par la Russie, est inacceptable". Les présidents français et américains vont participer ce jeudi à Bruxelles à  trois sommets internationaux majeurs : un de l'Otan, un du G7 et un de l'Union européenne.

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Des contre-offensives ukrainiennes menées au sud du pays. L'armée ukrainienne mène des contre-offensives qui ont permis, dans le sud notamment, de reprendre du terrain sur les troupes russes, a assuré mardi le porte-parole de Pentagone. Les militaires ukrainiens "sont désormais, dans certaines situations, à l'offensive", a déclaré John Kirby sur CNN, affirmant qu'ils "pourchassent les Russes et les repoussent en dehors de zones où les Russes étaient par le passé".

Plus de 3,5 millions réfugiés selon l'ONU. Parmi eux, près de 200.000 réfugiés évacués de Pologne par le train vers d'autres pays d'accueil, selon la compagnie PLK qui gère le réseau ferroviaire polonais. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé la Russie à mettre fin à son offensive contre l'Ukraine, au moment où l'Assemblée générale doit voter cette semaine une résolution condamnant Moscou. Il a dénoncé une guerre "absurde" et "ingagnable", et affirmé que plus il y aura de combats, "plus il y aura de la souffrance, des destructions et des horreurs". Le président de l'ONU a une nouvelle fois appelé aux négociations diplomatiques entre Moscou et Kiev car "il y a assez sur la table pour mettre fin aux hostilités maintenant et négocier sérieusement"


Laetitia Asgarali Dumont

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