Invasion russe en Ukraine : Poutine s'obstine

Ukraine : le gaz au cœur du conflit entre les Occidentaux et la Russie

A Lo.
Publié le 28 janvier 2022 à 17h27, mis à jour le 28 janvier 2022 à 20h58
JT Perso

Source : JT 20h WE

À la frontière de l'Ukraine et de la Russie, la menace de la guerre est toujours imminente.
Pour rétablir un rapport de force, certaines sanctions des Occidentaux en cas d'attaques pourraient viser le secteur des hydrocarbures.
Ces sanctions mettent cependant en difficulté les Européens, dépendant énergétiquement de leur voisin russe.

Les tensions ne désescaladent pas à la frontière de l'Ukraine et de la Russie, où le président Vladimir Poutine est accusé par son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, de préparer une attaque en déployant plus de 100.000 militaires à la frontière. Face à cette démonstration de force et en cas d'une attaque qui pourrait arriver à tout moment selon Washington, les Occidentaux ont menacé la Russie d'une série de sanctions où la question du gaz est au cœur des enjeux. 

La dépendance énergétique de l'Europe dans la balance

Car la question des hydrocarbures est majeure pour la Russie. En effet, le territoire russe détient les plus grandes réserves de gaz au monde et est le deuxième pays producteur, derrière les États-Unis. Cibler ce secteur lucratif, et notamment en bloquant la mise en service du gazoduc sous-marin entre la Russie et l'Allemagne Nord Stream 2, permettrait selon les États-Unis de faire plier Vladimir Poutine via le secteur économique. 

Le gazoduc, achevé mais pas encore opérationnel, a en effet coûté des milliards à Moscou et aurait la capacité de transporter 55 milliards de m3 de gaz par an. Un haut responsable de la Maison Blanche faisait ainsi valoir que la Russie "a au moins autant besoin des revenus du gaz et du pétrole que l'Europe a besoin de ses livraisons d'énergie". 

Car l'Europe est effectivement dépendante énergétiquement des ressources russes. Plus d'un tiers des importations gazières de l'Union européenne vienne de Russie. De même, Nord Stream 2 a été principalement promu par l'Allemagne, qui disait y voir un moyen pour accomplir sa transition énergétique. Parallèlement, les États-Unis, la Pologne, l'Ukraine, les pays baltes y ont plutôt vu un nouveau moyen d'influence de la part de la Russie et un renforcement de la dépendance énergétique européenne.

Les sanctions énoncées mardi par les Occidentaux pourraient donc mettre en difficulté les Européens qui craignent en plus qu'en cas d'attaque, Moscou décide simplement de couper le robinet énergétique, alors même que sa fourniture d'hydrocarbures est vitale pour certains pays. La Russie tente par ailleurs déjà de diversifier sa clientèle et livre de plus en plus à la Chine.

C'est dans ce sens que les États-Unis et l'Union européenne ont affirmé ce vendredi dans une déclaration commune qu'ils travaillaient à la fourniture de "volumes additionnels de gaz naturel" pour l'Europe, afin de faire face à un éventuel contre-coup d'une invasion russe de l'Ukraine. Pour autant, face à cette dépendance énergétique, certains experts ne voient que la décarbonisation comme solution pour l'Union européenne de rétablir un rapport de force.


A Lo.

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