En difficulté en Ukraine, Poutine choisit l'escalade

Crise Ukraine - Russie : chronologie d'une escalade entre la Russie et les Occidentaux

LC. avec AFP
Publié le 22 février 2022 à 16h14, mis à jour le 23 février 2022 à 19h27
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Source : JT 13h Semaine

Vladimir Poutine a reconnu lundi l’indépendance des régions séparatistes prorusses en Ukraine et ordonné à son armée d'entrer dans ces territoires.
De leur côté, les puissances occidentales ont toutes condamné, ce mardi, les agissements du Kremlin.
Retour sur les semaines de tensions dans cette crise.

Des mouvements militaires russes à la frontière ukrainienne en novembre jusqu'à l'ordre donné par Moscou à ses troupes d'entrer dans les territoires séparatistes : l'escalade des tensions autour de l'Ukraine est le fruit de plusieurs semaines. Retour en quelques dates sur cette crise.

Dès novembre 2021, Washington craint une offensive russe

Dès le 10 novembre 2021, Washington s'inquiète et demande des explications à la Russie sur des mouvements de troupes "inhabituels" à la frontière ukrainienne. En guise de réponse, le président russe Vladimir Poutine accuse les Occidentaux de livrer des armes à Kiev et de mener des exercices militaires "provocants" dans la région. Le 28 novembre, l'Ukraine assure que la Russie a déployé près de 92.000 soldats à ses frontières. Moscou reproche en retour à son voisin de masser des troupes dans l'est, où une guerre oppose Kiev à des séparatistes soutenus par Moscou.

Sommet entre Biden et Poutine

Début décembre, le ton monte entre les deux puissances. Le 7 décembre, le président américain Joe Biden menace le chef du Kremlin de "fortes sanctions" économiques en cas d'invasion de l'Ukraine, au terme d'un sommet bilatéral entre les deux dirigeants. Sous le feu des critiques, Moscou exige des garanties sûres prouvant que son voisin n'entrera pas dans l'alliance militaire de l'Otan. Au Kremlin, Vladimir Poutine dévoile deux projets de traités demandant l'exclusion de toute adhésion de l'Ukraine dans l'Alliance atlantique ainsi que l'obtention du retrait des forces de l'Otan des pays de l'ex-espace soviétique.

Crise en Ukraine : inquiétude à KievSource : JT 13h Semaine
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Forces américaines et russes en alerte

Le 18 janvier, Moscou, qui déploie des milliers de soldats en Biélorussie, s'apprête à mener des exercices de "préparation au combat". Ils sont présentés par le pouvoir russe comme une réponse au récent renforcement de la présence de l’Otan dans la région. De son côté, Washington ne faiblit pas et débloque une nouvelle aide de 200 millions de dollars pour l'Ukraine. Le Capitole autorise également les pays baltes à livrer à Kiev des armes américaines.

Le 24 janvier, c'est au tour de l'Otan d'avancer ses pions. L'alliance militaire annonce l'envoi de navires et d'avions de combat en Europe de l'Est, tandis que les États-Unis décident de placer 8.500 militaires en état d'alerte. En riposte, Moscou lance de nouvelles manœuvres près de l'Ukraine et en Crimée.

Le 26 janvier : le "non" à Moscou

Ce sera finalement "non". Le 26 janvier, Washington rejette la demande russe de ne pas accepter l’Ukraine dans l’Otan, mais propose une autre voie diplomatique "pour éviter une nouvelle guerre". Dans la journée, Joe Biden dit s’attendre à une possible attaque des forces russes d’ici à la "mi-février", tandis qu’à Paris, une réunion des émissaires russe et ukrainien sur le conflit en cours abouti à un rare engagement commun pour un cessez-le-feu. Le 27 janvier, Pékin juge "raisonnables" les préoccupations de Moscou pour sa sécurité. Et, moins d'une semaine plus tard, Washington envoie 3.000 soldats supplémentaires en Europe de l'Est.

Le 7 février, Vladimir Poutine se dit enfin prêt à "des compromis" après un entretien avec le président français Emmanuel Macron, venu au Kremlin pour amorcer une désescalade dans le conflit. L'image des deux dirigeants aux extrémités d'une longue table blanche de 4 mètres devient virale. En vain. Le 10 février, les armées russe et bélarusse débutent des manœuvres de grande envergure au Bélarus.

Retrait ou renforcement ?

Quatre jours plus tard, les menaces se font plus réelles. L'Otan insiste, dans un communiqué le 11 février, sur le "risque d'un nouveau conflit armé" en Europe, alors que plusieurs pays appellent leurs ressortissants à quitter l'Ukraine. Pour le Kremlin, les discussions avec les Occidentaux n'ont mené à rien. Face à l'impasse, les États-Unis réaffirment qu'une invasion russe en Ukraine pourrait intervenir "à tout moment" et décide l'envoi de 3.000 soldats supplémentaires en Pologne. Le 14 février, Joe Biden annonce également déplacer l'ambassade américaine de Kiev à Lviv, dans l'Ouest de l'Ukraine.

Le 15 février, le Kremlin offre finalement un premier signe d'apaisement : Vladimir Poutine annonce le "retrait partiel" de ses forces aux frontières ukrainiennes. Le lendemain, l'Otan et Washington disent pourtant ne constater aucun signe de désescalade. Pire : des échanges de tirs d'armes lourdes s'intensifient le long de la ligne de front entre séparatistes prorusses et forces ukrainiennes, le 17 février.

Le président américain prévient d'une offensive russe possible "dans les prochains jours", alors que Moscou déploie plus de 150.000 soldats sur sa frontière avec l'Ukraine, selon les renseignements américains. Le 18 février, les séparatistes prorusses ordonnent l'évacuation de civils vers la Russie.

Le 20 février : reconnaissance des séparatistes prorusses

Le 19 février, la situation vire au rouge et est marqué par la mort de deux soldats ukrainiens à la frontière. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky propose une rencontre à Poutine qui, au même moment, supervise des exercices "stratégiques" avec des tirs de missiles "hypersoniques". À son tour, la France et l'Allemagne exhortent leurs ressortissants à quitter l'Ukraine.

Puis, tout s'accélère. Dans un communiqué publié le lundi 20 février, l'Élysée indique, le matin, que les présidents russe et américain ont accepté le principe d'un sommet Poutine-Biden... avant que le Kremlin juge cette annonce "prématurée". Quelques heures plus tard, l'armée russe déclare avoir tué sur son territoire cinq "saboteurs" venus d'Ukraine, tandis que Kiev dément avoir envoyé ces hommes. Le soir, dans une allocution télévisée de plus d'une heure, Vladimir Poutine annonce finalement reconnaître l'indépendance des territoires séparatistes prorusses et ordonne à son armée d'entrer dans les territoires séparatistes dans l'Est de l'Ukraine.

Condamnation internationale unanime

Pour la communauté internationale, c'est une quasi-déclaration de guerre. Lors d'une réunion d'urgence, l'ONU et une majorité de membres du Conseil de sécurité condamnent, ce mardi 22 février, les décisions russes. Ce mardi, les États-Unis, l'Union Européenne et l'Otan annoncent qu'ils vont imposer de nouvelles sanctions contre la Russie. De son côté, la Russie assure être toujours "prête" aux négociations avec le secrétaire d'État américain Antony Blinken, qui doit rencontrer jeudi à Genève son homologue russe Sergueï Lavrov.


LC. avec AFP

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