Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, dans un entretien à LCI, déclare que "Vladimir Poutine cumule de nombreuses raisons" d’être jugé devant la Cour Pénale Internationale de La Haye.
Depuis le début du conflit en Ukraine, plusieurs crimes de guerre ont été dénoncés.
Les mots du chef de la diplomatie européenne sont sans équivoque. Quinze jours après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, marquée par des bombardements indifférenciés et les menaces à mots à peine couverts de recours au nucléaire, "on est entré dans une nouvelle page de l'Histoire de l'Europe, une nouvelle page de la géopolitique mondiale, même", confie Josep Borrell.
Dans un entretien accordé ce jeudi sur LCI, le haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité dénonce "une guerre complètement injustifiée et gratuite qui devient de plus en plus brutale et complètement inacceptable pour le monde civilisé".
Josep Borrell détaille pour la première fois l’organisation des transferts d’armes payées par l’Union européenne, en ce moment livrées aux Ukrainiens : "200 officiers de toute l’Europe y travaillent dans mes services. Ils sont sous les ordres d’un amiral français et d’un général italien.”
La Russie bombarde de manière indiscriminée"
Josepp Borrell
Interviewé à Versailles juste avant l’ouverture du sommet des 27, Josep Borrell estime que "la Russie bombarde de manière indiscriminée". Selon lui, "Marioupol est sans doute un crime de guerre, mais il n’y a pas que cet hôpital-là. La Russie est incapable de prendre les villes, la résistance ukrainienne est très forte, alors elle fait comme elle a fait en Syrie ou en Tchétchénie, elle bombarde. L’armée russe est une armée d’artillerie. Alors elle bombarde, elle bombarde, de façon indiscriminée, parfois un hôpital, parfois un pavé de maison."
Questionné sur la possibilité que Vladimir Poutine soit jugé devant la Cour Pénale Internationale (CPI) à la Haye, il déclare: "Cette hypothèse existe. Et d’après ce que nous voyons, je pense qu’il cumule de nombreuses raisons pour que ça lui arrive." Il ajoute que "les rapports avec la Russie vont être radicalement différents après ce qui vient de se passer."
Le haut représentant européen précise, pour la première fois, l’organisation des livraisons d’armes européennes à l’Ukraine : "C’est l’Ukraine qui nous demande ce de quoi elle a besoin. Et les États membres voient les équipements qu'ils peuvent fournir. Nous on les a pas. On a une structure qui centralise la demande et l’offre.”
Un dispositif centralisé pour acheminer les armes
Josep Borrell explique que cette structure est placée sous sa propre autorité : "À Bruxelles, il y a un staff militaire dans mes services. On a un amiral français et un général italien qui dirigent une équipe de 200 officiers de toutes les armées européennes qui font ce travail. Ils font le cadrage entre offre et demande. Les États membres fournissent le matériel, et nous on le paie."
Interrogé sur la nature des armes actuellement livrées, Josep Borrell détaille: "Le fondamental, c'est de la munition et du combustible, mais aussi du matériel lourd, surtout des missiles Antichar". Pour des raisons tactiques évidentes, il se montre toutefois plus évasif sur le mode de livraison à la frontière de l’Ukraine : "C’est là où ça devient délicat. Je ne peux pas vous le dire. Par exemple, la Hongrie ne veut pas que ça passe sur son territoire. Elle a interdit le passage sur son territoire."
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