Ukraine : Kherson libéré, un tournant dans la guerre ?

Retrait de l'armée russe de Kherson : "Il y a un accord", soutient le général Dominique Trinquand

Y.R.
Publié le 11 novembre 2022 à 10h21
JT Perso

Source : L'Invité Politique

La Russie a annoncé, jeudi 10 novembre, avoir entamé son repli de Kherson, seule capitale régionale capturée par le Kremlin depuis le début de l'offensive.
Invité de LCI, vendredi 11 novembre, le général Dominique Trinquand y voit le fruit d'"un accord" entre Moscou et Kiev.
Selon lui, ce repli, qui est un "échec pour les Russes", doit permettre à "chacun d'économiser ses forces".

"Il y a un accord entre les Russes et les Ukrainiens" sur le retrait de Kherson. Alors qu'ils l'occupaient depuis le début de l'offensive armée en Ukraine, le 24 février dernier, les troupes russes ont amorcé, jeudi 10 novembre, leur retrait de la seule capitale régionale capturée par le Kremlin. Le général russe Sergueï Sourovikine, en charge des opérations, a annoncé le repli des forces de Moscou pour sauver les milliers de soldats toujours sur place, coincés dos au fleuve Dniepr et sous forte pression. Confrontées à la vaste offensive, menée par l'armée ukrainienne dans la région éponyme, "des unités du contingent de troupes russes manœuvrent vers des positions aménagées sur la rive gauche du fleuve", a confirmé le ministère russe de la Défense. 

"À partir du moment où vous annoncez le retrait, vous mettez vos forces dans une situation difficile, parce que leur seule issue, c'est de traverser le Dniepr. Or, dans ce cas-là, les Ukrainiens pourraient mettre le booster et avancer très, très fort", a analysé le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU, invité d'Adrien Gindre sur LCI, vendredi 11 novembre. "S'il y a un accord, il permet de dire, d'une certaine façon : 'Nous quittons Kherson, mais vous nous laissez partir. Nous ne combattrons pas dans Kherson.' Chacun économise ses forces, l'un en se retirant, l'autre en avançant."

Le retrait de Kherson "est un échec pour les Russes"

Faut-il y voir un statu quo entre Moscou et Kiev ? "Ce n'est pas match nul du tout, c'est une victoire ukrainienne", a assuré le spécialiste en relations internationales. "Là, les Russes vont être obligés de se retrouver sur la rive Est du Dniepr, qu'ils étaient sur la rive Ouest. (...) C'est un échec pour" eux, "c'est une évidence". "Tout ce qui est sur la rive droite de Dniepr va être évacuée. Maintenant, le diable est dans les détails. Il peut y avoir des accrochages, des bombardements, (...) des combats", a-t-il reconnu. Le retrait de troupes "était une décision difficile, mais raisonnable. Tous les stratèges vous disent que c'est ce qu'il fallait faire."

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En se retirant de Kherson, l'armée russe n'est-elle pas en train de tendre un piège aux troupes ukrainiennes ? C'est ce que croit Natalia Houmeniouk, porte-parole de l'armée de Kiev. "Il pourrait s'agir d'une provocation afin de créer l'impression que ces endroits sont abandonnés, qu’on peut y pénétrer en sécurité, alors qu'ils se préparent à des batailles de rue", s'est-elle inquiétée. Un scénario peu probable pour le général Dominique Trinquand. "Qu'il y ait des mines de partout et des bombes à retardateur, oui ça paraît normal", a-t-il expliqué. Mais que le repli de Kherson soit "un piège, non". "Les cartes sont sur la table."


Y.R.

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