En difficulté en Ukraine, Poutine choisit l'escalade

Ukraine : situation "inhumaine" à Marioupol, représailles russes sur Kiev... le point sur le 52e jour de guerre

Camille Guesdon
Publié le 17 avril 2022 à 8h39
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a prévenu ce samedi que "l'élimination" des derniers soldats ukrainiens présents dans la ville portuaire de Marioupol assiégée par les forces russes "mettrait fin à toute négociation de paix" avec Moscou.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a prévenu ce samedi que "l'élimination" des derniers soldats ukrainiens présents dans la ville portuaire de Marioupol assiégée par les forces russes "mettrait fin à toute négociation de paix" avec Moscou.

Source : Alexander NEMENOV / AFP

Alors que la situation s'aggrave à Marioupol, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky a alerté et dénoncé une situation "inhumaine".
De son côté, Moscou a ordonné aux Ukrainiens de cesser les combats dans la ville dimanche 17 avril, à partir de 6h00.
Suite à la perte du Moskva, Kiev est devenu la cible de l'armée russe.

Au 52e jour de l'invasion russe en Ukraine, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a décrit une situation "inhumaine" dans le port stratégique de Marioupol, dans le sud-est du pays. "La Russie essaie délibérément de détruire quiconque se trouve à Marioupol", a t-il alerté, dans la soirée du samedi 16 avril. Selon David Beasley, le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial, plus de 100.000 civils sont au bord de la famine à Marioupol, manquant également d'eau et de source de chauffage.

Volodymyr Zlensky a par ailleurs appelé les Occidentaux à fournir "immédiatement" des armes lourdes, qu'il demande depuis plusieurs semaines, pour faire face à la Russie qui affirme contrôler la quasi-totalité de la ville portuaire. Moscou a d'ailleurs lancé un nouvel appel à déposer les armes aux Ukrainiens.

Selon le président ukrainien, il n'existe que "deux options" pour stopper l'offensive russe dans cette localité très stratégique : soit une livraison d'armes lourdes de la part des partenaires de l'Ukraine pour "réduire la pression sur Marioupol et lever le siège", soit "la voie de la négociation, dans laquelle le rôle des partenaires devrait également être décisif".

À Marioupol, la Russie demande aux Ukrainiens d'arrêter les combats dimanche à 6h00

"C'est leur seule chance". Au même moment, dans la soirée du 16 avril, le ministère russe de la Défense a demandé aux derniers combattants ukrainiens retranchés dans le complexe métallurgique d'Azovstal de cesser les combats dimanche 17 avril à 6h00, heure de Moscou, et d'évacuer les lieux avant 13h00. Sur Telegram, le ministère a indiqué que "tous ceux qui auront abandonné les armes auront la garantie d'avoir la vie sauve".

De son côté, l'état-major ukrainien a précisé que des frappes aériennes avaient été menées sur la ville par les Russes depuis les régions de Donetsk et de Tavriya, dans la matinée de dimanche. Dans un communiqué, il a détaillé que Moscou a "aussi effectué des opérations d'assaut près du port", sans évoquer l'appel russe à déposer les armes ni son souhait de prendre une grande partie de Marioupol.

La prise de la ville serait une grande victoire pour les Russes, car elle leur permettrait de consolider leurs gains territoriaux côtiers le long de la mer d'Azov en reliant la région du Donbass, en partie contrôlée par leurs partisans, à la Crimée que Moscou a annexée en 2014.

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Kiev ciblée par les représailles russes

Après l'attaque ukrainienne qui a conduit à la perte de son croiseur Moskva dans la mer Noire, fleuron de la flotte russe, l'armée russe, motivée par la vengeance, a de nouveau orienté ses missiles vers Kiev. Les Ukrainiens ont confirmé être à l'origine du naufrage après leur attaque avec des missiles antinavires Neptune. Une information corroborée par le Pentagone (États-Unis).

Les représailles russes ne se sont pas fait attendre. Dès le vendredi 15 avril, une frappe a touché une usine produisant des missiles Neptune dans la région de Kiev. Puis, suite à une autre attaque contre un complexe industriel du quartier de Darnytsky, dans la périphérie de Kiev, une personne a été tuée et "plusieurs" ont dû être hospitalisées.

La capitale ukrainienne était épargnée par les bombardements depuis le retrait de l'armée russe fin mars. Mais la perte du Moskva a déclenché la colère de Moscou. Face à cette situation, le maire de Kiev a une nouvelle fois appelé ses concitoyens ayant fui les combats à ne pas revenir dans la ville.


Camille Guesdon

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