Un espion russe voulait infiltrer la Cour pénale internationale, les services secrets néerlandais le démasquent

A. B. avec AFP
Publié le 17 juin 2022 à 9h11
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

En avril dernier, les services secrets néerlandais ont interpellé un espion russe.
Il allait commencer un stage à la Cour pénale internationale qui enquête notamment sur les crimes de guerre commis en Ukraine.

Viktor Muller Ferreira n’aura pas réussi à devenir stagiaire à la Cour pénale internationale. En avril, les services secrets néerlandais ont démasqué un espion russe. Ce dernier aurait pu avoir accès au bâtiment de l’instance internationale, qui enquête notamment sur les crimes de guerre en Ukraine, et recueillir des informations pour le compte du renseignement militaire russe (GRU).

Sergey Vladimirovitch Cherkasov, de son vrai nom, s’était fait passer pour un Brésilien de 33 ans. Il a été appréhendé en avril à l’aéroport d’Amsterdam-Schipol en provenance du Brésil et était prêt à commencer un stage à la CPI après y avoir été admis. Dans un communiqué publié jeudi 16 juin, les services secrets néerlandais précisent qu’il a été renvoyé au Brésil et arrêté par la police brésilienne. Il doit rester en détention jusqu’à son procès. 

Une menace importante à la sécurité

Pendant plusieurs années, l’espion russe s’était construit une fausse identité "à l’aide d’un système de falsification sophistiqué", selon les enquêteurs brésiliens. Il s’était inventé une vie dans les moindres détails : une soi-disant relation troublée avec ses parents, un dégoût pour le poisson, il expliquait qu’il était surnommé "Gringo" parce qu’il "ressemblait à un Allemand".

Sergey Vladimirovitch Cherkasov représentait une "menace potentiellement très haute". 

Avoir un des leurs à l’intérieur de la CPI aurait pu être de "grande valeur pour les services de renseignement russes", ont indiqué les services secrets néerlandais. Son directeur général s’est félicité de l’arrestation d’un agent "de ce calibre" en expliquant que "le GRU a investi des années dans la dissimulation de la véritable identité". 

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De son côté, la CPI s’est dit très reconnaissante pour cette "opération importante et plus généralement pour avoir révélé les menaces à la sécurité". La porte-parole de la cour a ajouté : "La CPI prend ces menaces très au sérieux." Il faut dire que ce n’est pas la première fois que les autorités néerlandaises sont confrontées à de potentiels agents russes. En 2018, elles avaient expulsé quatre espions russes présumés qui auraient tenté de pirater l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, qui enquête sur des attaques en Syrie.


A. B. avec AFP

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