Le journaliste français Frédéric Leclerc-Imhoff tué en Ukraine

"Il faut se souvenir de son courage" : le témoignage de notre reporter sur la mort du journaliste Frédéric Leclerc-Imhoff en Ukraine

Léa Tintillier | Duplex Florian Litzler
Publié le 31 mai 2022 à 10h25
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Frédéric Leclerc-Imhoff, journaliste français de 32 ans, a été tué ce lundi 30 mai, dans un bombardement en Ukraine.
Envoyé spécial de TF1 dans le pays, Florian Litzler le connaissait et l'avait rencontré le matin-même du drame.
Il est intervenu lundi soir au 20H de TF1 en direct de Kramatorsk.

Frédéric Leclerc-Imhoff, journaliste français de 32 ans, qui couvrait la guerre en Ukraine pour BFMTV, a été tué ce lundi 30 mai dans un bombardement dans la région du Donbass. En direct de Kramatorsk, Florian Litzler, envoyé spécial en Ukraine pour TF1 et LCI, a fait le point sur ce drame, avec émotion, ce lundi soir dans le 20H de TF1. 

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Frédéric Leclerc-Imhoff a été tué par un éclat d'obus alors qu'il suivait une opération humanitaire dans un camion blindé sur la route de Lyssytchansk, dans la région de Severodonetsk. "Cette ville de Lyssytchansk, on en a moins parlé depuis le début de la guerre. Pourtant, elle est aussi bombardée que plein d’autres dans le Donbass, pourtant, il y a toujours des milliers de civils qui s’y terrent, explique Florian Litzler. Et c’est pour ça, poursuit-il,  que Frédéric et ses collègues y sont allés pour raconter ces évacuations, pour raconter comment des policiers et des volontaires ukrainiens prennent des risques au péril de leur vie pour conduire au milieu des obus et sauver des vies". 

Florian Litzler connaissait Frédéric Leclerc-Imhoff et son équipe. "On en a encore parlé ce matin, ils m’ont demandé si c’était une bonne idée d’y aller, si ce n’était pas trop risqué, témoigne-t-il. Ils ont pris toutes les précautions possibles, mais sur ce genre de terrain, le risque zéro n’existe pas. Malgré tout, ils y sont allés parce qu’ils estimaient que cette histoire valait la peine d’être racontée, parce que ces évacuations dans toutes les villes du Donbass, dans toutes les villes bombardées, il y en a quotidiennement. On vous parle de centaines de vies sauvées et ça leur semblait important de raconter le courage de ces volontaires qui mettent leur vie en jeu. Ils voulaient raconter ce courage". "Ce soir, conclut Florian Litzler, il faut s’en souvenir et je pense qu’il faut aussi se souvenir de celui de Frédéric Leclerc-Imhoff"

Journaliste tué en Ukraine : Florian Litzler témoigneSource : TF1 Info

Florian Litzler est également intervenu ce mardi dans la matinale de LCI. "On a beaucoup d’émotion ici parce qu’évidemment, on connaît tous ce risque. Il existe le risque d’y rester, le risque de ne pas revenir, dit-il dans la vidéo ci-dessus. C’est nous qui choisissons, en connaissance de cause, de raconter des histoires, d’aller voir ce que vit la population, ce que vivent les soldats, peu importe le camp, d’ailleurs, pour transmettre ce qui se passe ici dans cette guerre. Vous savez ? Beaucoup d’habitants à qui on parle, quand on les interroge, alors qu’ils sont dans leur jardin, chez eux, dans des villages bombardés quotidiennement, on leur demande ‘mais pourquoi vous ne partez pas ? C’est vraiment dangereux’. Ils nous répondent souvent ‘je crois au destin, je crois en ma bonne étoile, je crois que ça ira, je tente ma chance’. Et ça nous surprend. Sauf que paradoxalement, on fait la même chose. ( ) On croit aussi en notre bonne étoile, on croit que ça va aller, on prend toutes les précautions possibles, mais il y a toujours une part de risque qu’on ne peut jamais enlever. Hier, cette petite part de risque a pris la forme d’un seul obus, d’un seul éclat, qui a traversé le pare-brise. Ça doit aussi être un rappel que dans cette guerre, journalistes, civils, militaires évidemment, personne n’est à l’abri et que les drames comme ça, il y en a quotidiennement depuis plus de trois mois pour tous les Ukrainiens". 


Léa Tintillier | Duplex Florian Litzler

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