"Raciste", "en déclin mental" : une ex-conseillère de Trump publie à son tour un livre de révélations

Mathilde Roche
Publié le 13 août 2018 à 12h18
"Raciste", "en déclin mental" : une ex-conseillère de Trump publie à son tour un livre de révélations

Source : AFP

Omarosa Manigault Newman, une ancienne haute conseillère de Donald Trump à la Maison Blanche s'est ajoutée à la liste des révélations troublantes a révélé un enregistrement compromettant à quelques jours de la sortie de son livre sur son expérience au sein de l'administration Trump.

Omarosa Manigault Newman, une ancienne concurrente de l’émission de télé-réalité "The Apprentice" devenue haute conseillère à la Maison Blanche, a rendu public un enregistrement vocal - censé rester secret - de son licenciement. Interviewée ce dimanche par NBC - qui a publié le fichier compromettant - elle a également donné une interview à propos de son prochain livre. L’ancienne employée du président y écrit, entre autres, que Donald Trump est un "raciste" qui a utilisé le "N word" ("nègre", ndlr), qu’il a des problèmes mentaux et que son administration a essayé de la faire taire avec de l'argent et des menaces.

Un enregistrement illégal... pour se protéger

"Je me suis protégée car c'est une Maison Blanche dans laquelle tout le monde ment", a affirmé l'ancienne chargée du Bureau des relations publiques, pour justifier sa décision de diffuser son entretien avec le chef de cabinet John Kelly. Elle prend en effet un risque avec cette action, car cet enregistrement a été fait dans la "Situation Room", la salle de crise de la Maison Blanche, où les appareils électroniques sont interdits pour des raison de sécurité. Dans cet enregistrement datant de 2017, on entend un homme, qu'Omarosa M. Newman identifie comme John Kelly, invoquer des "problèmes d'intégrité importants" pour justifier son licenciement : "Ils me conduisent dans la salle de crise, les portes sont verrouillées, ils me disent que je ne peux pas en partir et ils commencent à me menacer, à me faire peur, à me contraindre".

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Un livre polémique supplémentaire sur Trump

En tournée promotionnelle pour son livre "Unhinged" ("Déséquilibré", ndlr), l'ex-conseillère y fait plusieurs révélations compromettantes pour Donald Trump : "Le président ment au peuple américain, Sarah Sanders (la porte-parole) se tient devant le pays et ment tous les jours", dit-elle dans ce livre. Et d'esquisser un regret : "Avec du recul, je dirais que j'ai été complice de la tromperie de la Maison Blanche vis-à-vis de la nation". 

La Maison Blanche n'a pas fini d'être égratignée. Newman raconte aussi comment la belle-fille de Trump, Lara, membre de son équipe de campagne, lui a joint un contrat à 15.000 dollars par mois pour travailler à la réélection du milliardaire, sous réserve qu'elle signe un accord de divulgation. Qu'elle refuse. "Il m'a été interdit de parler de toute la famille Trump ou de toute la famille Pence, à quiconque dans l'univers, pour toute l'éternité", écrit-elle. Elle continue : "Deux jours plus tard, j’ai reçu une foule de lettres d’avocats représentant le président des États-Unis qui impliquaient de garder le silence sur Trump".

Ce livre raconte aussi la prise de conscience progressive "du racisme, de l'intégrisme et de la misogynie" de Trump. Newton, qui avait rencontré lors de l'émission The Apprentice, affirme, enregistrements à l'appui, y avoir entendu Trump prononcer à plusieurs reprises une "insulte raciale". Pour "parfaire" le tableau, "The Donald" est présenté comme un homme en "déclin sur le plan mental", incapable de faire son métier au point de ne pas être impliqué  "dans certaines des décisions les plus importantes pour le pays". Des propos qui rappellent les accusations rapportées par Michael Wolff auprès de l’entourage de Donald Trump, et publiées dans le livre "Fire and Fury : Inside the Trump White House".

Donald Trump réagit en la traitant de "minable"

La présidence américaine a réagi en renvoyant les révélations d'Omarosa M. Newman à celles d'une "ancienne employée mécontente". La porte-parole Sarah Sanders a déclaré dans un communiqué "L'idée même qu'un membre du personnel puisse faire entrer un appareil d'enregistrement dans la salle de crise témoigne d'un mépris flagrant pour notre sécurité nationale". Quant à Donald Trump, interrogé à ce sujet lors d'une rencontre avec ses supporters, il s'est montré pour le moins lapidaire : "Minable. Elle est est minable". Connaissant les habitudes du président américain en matière de communication, des commentaires sur son livre devraient suivre après sa sortie, cette semaine.


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