"Nous sommes à 3% dans Schengen" : pourquoi l'adhésion des Bulgares et des Roumains n'est que partielle

par F.Se avec l'AFP
Publié le 1 avril 2024 à 16h45

Source : 24H PUJADAS, L'info en questions

La Bulgarie et la Roumanie sont entrées officiellement dans l'espace Schengen à 00h01, ce dimanche 31 mars.
Attendue depuis 13 ans, cette adhésion n'est pourtant que partielle.

Les passagers bulgares ont le sourire, qu'ils soient en train de rentrer à Sofia, ou de s'embarquer pour une destination de l'espace Schengen. Pendant la nuit de samedi à dimanche, la Bulgarie, ainsi que la Roumanie, sont enfin entrées dans l'espace Schengen, après 13 ans d'attente. Une file dédiée avait fait son apparition la veille dans l'aéroport de la capitale bulgare.

Avec cette double entrée, ce sont désormais 29 pays membres, et 400 millions de personnes, qui peuvent circuler sans contrôles permanents dans cette zone créée en 1985. Mais le statut obtenu par la Bulgarie et la Roumanie n'est que partiel, et ne concernera que les aéroports et les ports. Les voies terrestres seront toujours soumises aux contrôles habituels, à la grande déception des transporteurs et entrepreneurs notamment.

Nous sommes à 3% dans Schengen
Vassil Velev, président du principal syndicat patronal bulgare

"Nous sommes à 3% dans Schengen et ne savons pas à quelle date nous serons autorisés à adhérer complètement", fulmine auprès de l'AFP Vassil Velev, président de l'organisation BICA (Bulgarian Industrial Capital Association), le principal syndicat patronal bulgare. "3% des marchandises bulgares sont acheminées par air et mer, les 97% restants circulant par voie terrestre", explique-t-il. 

Les lenteurs des frontières des anciens pays du bloc de l'Est sont légendaires, et les transporteurs routiers ne décolèrent pas. 

L'attente dure "de 8 à 16 heures" à la frontière avec la Hongrie, "de 20 à 30 heures avec la Bulgarie, avec des pics à trois jours" dans les deux cas, a déploré dans un communiqué l'un des principaux syndicats roumains du secteur, déplorant "des pertes financières" colossales. 

La cause de cette adhésion partielle ? Le véto de l'Autriche, seul pays réfractaire de l'UE réfractaire à une entrée de plein droit de la Bulgarie et de la Roumanie, par peur d'un afflux de demandeurs d'asile. Aucune date n'est avancée pour devenir membres à part entière. Car il faudra montrer patte blanche pour espérer lever les réticences de Vienne. Et le contexte politique autrichien jouera un rôle décisif : des élections législatives y sont prévues fin septembre, alors que le chancelier conservateur Karl Nehammer doit faire face à la montée de l'extrême droite dans les sondages. Dans tous les cas, Sofia comme Bucarest ont averti : il n'y aura pas de retour en arrière. 


F.Se avec l'AFP

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