Qui est Roberta Metsola, la Maltaise anti-IVG, élue à la tête du Parlement européen ?

F.R
Publié le 18 janvier 2022 à 11h16
Roberta Metsola, au Parlement européen, à Strasbourg, le 17 janvier 2022.

Roberta Metsola, au Parlement européen, à Strasbourg, le 17 janvier 2022.

Source : PATRICK HERTZOG / AFP

SUCCESSION - L'Italien David Sassoli, qui occupait la présidence du Parlement européen, est mort le 11 janvier, alors que son mandat devait prendre fin cette semaine. L'eurodéputée maltaise, connue pour ses positions anti-IVG, a été élue ce mardi pour le remplacer.

"Ayez foi dans les citoyens, ayez foi dans l'Europe". Derrière un slogan fédérateur, une candidature qui faisait polémique. Première femme à occuper le poste de vice-présidente du Parlement européen depuis octobre 2020, l'eurodéputée maltaise Roberta Metsola briguait le poste de présidente de l'institution basée à Strasbourg. Depuis le décès de l'Italien David Sassoli, à l'âge de 65 ans, le 11 janvier, elle occupait déjà la présidence par intérim et faisait figure de favorite pour lui succéder. Ce mardi, elle a été élue à la tête du Parlement européen.

 À 43 ans, la Maltaise devient, le jour même de son anniversaire, la plus jeune présidente du Parlement européen, et ça malgré ses positions anti-IVG de l'élue, issue du groupe PPE, les conservateurs du Parti populaire européen.

Élue en 213 au Parlement européen

Roberta Metsola est née le 18 janvier 1979 à Malte. Diplômée de l'université de Malte et du collège d'Europe, à Bruges, en Belgique. Sur son site internet, elle affirme que son intérêt pour la politique date du référendum sur l'entrée de Malte dans l'Union européenne, en 2003. "Mon parcours sort de l'ordinaire. Je viens d'une famille où personne n'était engagé en politique", assure cette mère de quatre enfants, mariée à un Finlandais, dans un clip publié par le PPE.

En 2004, alors âgée de 25 ans, elle se présente pour la première fois aux élections européennes, mais n'est pas élue. Jusqu'en 2012, elle travaille au sein de la représentation permanente de Malte auprès de l'Union. Avocate de profession, et spécialiste de la politique et la loi européennes, elle est élue eurodéputée en 2013. Elle devient alors l'une des premières élues maltaises siégeant à Strasbourg et est largement réélue l'année suivante. D'après le think tank Bruegel, elle a notamment travaillé sur des questions de justice et de libertés civiles, mais aussi de lutte contre le terrorisme.

Une élue "consensuelle, sauf avec le sujet qui fait qu'on parle d'elle"

Membre du groupe conservateur PPE, elle défend toutefois des positions plutôt progressistes, notamment sur les droits LBGTQ+. "En tant que femme, je sais à quel point il est important d'avoir des alliées dans ses luttes. (…) L'Europe est une zone de liberté", a-t-elle notamment déclaré en décembre, d'après Elle. Sur la question migratoire, elle assume également des positions progressistes, tranchant avec son groupe. "Elle a des frontières relativement claires avec l’extrême droite, ce qui n’est pas toujours le cas dans sa famille politique", décrypte l'eurodéputée insoumise Manon Aubry, dans les colonnes du Monde.

Mais ses positions anti-IVG - Malte est l'un des derniers pays de l'UE à interdire complètement l'avortement - mettent mal à l'aise et divisent. Roberta Metsola "est consensuelle, sauf avec le sujet qui fait qu'on parle d'elle", résume un porte-parole du groupe Renew auprès d'Elle. En septembre 2021, elle s'est ainsi abstenue sur une résolution demandant la criminalisation des violences faites aux femmes, rappelle Le Monde

Et même si le Parlement européen n'a aucune compétence en matière de droit à l'avortement, le symbole reste fort. Car la Maltaise devient la troisième femme à avoir dirigé le Parlement européen, après les Françaises Simone Veil (1979-1982) et Nicole Fontaine (1999-2002). 

"Une antiavortement à sa tête, c’est un symbole terrible quarante-deux ans après Simone Veil et alors que des milliers de Polonaises défilent dans les rues depuis plus d’un an pour défendre le droit à disposer de leur corps", regrettait Manon Aubry, citée par Le Monde. Consciente des réserves qu'elle a suscitées sur cette question, Roberta Metsola avait assuré qu'en cas d'élection, son "devoir sera de représenter la position du Parlement", y compris sur les droits sexuels et reproductifs.


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