Présidentielle américaine 2020 : un juge estime "probable" que Trump ait violé la loi

Emilie Roussey
Publié le 29 mars 2022 à 6h26
Présidentielle américaine 2020 : un juge estime "probable" que Trump ait violé la loi

Source : AFP

D'après un juge américain, Donald Trump a mené "une campagne pour renverser une élection démocratique" qui s'apparentait à "un coup d'État à la recherche d'une théorie juridique".
La commission d'enquête appelle à "faire rendre des comptes aux responsables" pour éviter que ce type d'événement ne se répète.

Le 6 janvier 2021, des milliers de partisans de Donald Trump avaient pris d'assaut le Capitole à Washington, semant le chaos et interrompant pendant quelques heures la certification par les élus du résultat de l'élection présidentielle, dont Joe Biden est sorti gagnant. Plus d'un an après, le juge David Carter a expliqué dans un dossier que "la cour estime qu'il est plus probable qu'improbable que le président Trump a tenté de manière corrompue de faire entrave à la session du Congrès le 6 janvier 2021". 

Si cet avis n'a pas de conséquence judiciaire pour l'ancien hôte de la Maison Blanche, il met la pression sur le ministère de la Justice, qui est le seul à pouvoir inculper Donald Trump pour sa responsabilité alléguée dans l'assaut.

"Un coup d'État à la recherche d'une théorie juridique"

David Carter était appelé à statuer sur le refus de John Eastman, un avocat allié de Donald Trump, de transmettre à la commission d'enquête une centaine de courriers électroniques rédigés depuis son adresse à l'université de Chapman, près de Los Angeles. Après l'élection, John Eastman aurait rédigé pour Dnald Trump une note prétendant que son vice-président Mike Pence avait le pouvoir de rejeter les résultats de l'élection dans certains États américains, privant Joe Biden de sa victoire. Le 6 janvier, Mike Pence avait refusé de le faire, malgré les pressions de Donald Trump.

"Le président Trump et le Dr. Eastman ont justifié ce plan par des allégations de fraudes électorales, mais le président Trump savait que ces allégations étaient sans fondement et donc que le plan tout entier était illégal", a affirmé David Carter, qui a aussi estimé que "le Dr. Eastman et le président Trump ont lancé une campagne pour renverser une élection démocratique, un acte sans précédent dans l'histoire américaine". "Cette campagne n'était pas limitée à une tour d'ivoire, c'était un coup d'État à la recherche d'une théorie juridique", a-t-il ajouté. 

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Le juge a ordonné John Eastman de transmettre 101 documents à la commission d'enquête et a appelé le pays à enquêter et à "essayer de faire rendre des comptes aux responsables", craignant que "le 6 janvier se répète". 

La commission parlementaire chargée d'enquêter sur l'assaut a par ailleurs recommandé lundi soir, après un vote unanime, des poursuites pénales contre deux proches de Donald Trump: son ancien conseiller économique Peter Navarro et son ex-conseiller en charge des réseaux sociaux Dan Scavino, qui ont ignoré des assignations à comparaître.


Emilie Roussey

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