L'info passée au crible

Non, la Commission européenne ne s'est pas exprimée en faveur de la suppression du code de Nuremberg

Felicia Sideris
Publié le 6 décembre 2021 à 19h00
Non, la Commission européenne ne s'est pas exprimée en faveur de la suppression du code de Nuremberg

FAKE NEWS - Certains internautes assurent depuis samedi qu'Ursula von der Leyen, cheffe de la Commission européenne, voudrait "supprimer le code de Nuremberg". Une affirmation inventée de toute pièce.

La phrase d'origine a été déformée à outrance. Samedi 4 décembre, des dizaines d'internautes ont alerté sur la prétendue "nazification" de la Commission européenne. Selon eux, la présidente de cette institution, Ursula von der Leyen, se serait prononcée en faveur de la "suppression du code de Nuremberg". Une information massivement partagée, si bien que ce mot était l'un des plus discutés ce samedi sur Twitter, avec 26.000 publications à ce sujet. Comment en est-on arrivé là ?

Tout part d'une simple petite phrase. Lors d'une conférence de presse qui se tenait mercredi, la présidente de la Commission européenne a tenu à donner son avis sur la vaccination obligatoire contre le Covid-19, mise en place en Autriche. Elle décrit alors cette mesure comme "compréhensible et appropriée". Et ajoute qu'elle estime venu le temps de "réfléchir à la vaccination obligatoire" afin de pousser le tiers d'Européens non-vaccinés à le faire. 

Une fake news venue d'outre-Atlantique

Une prise de parole qui a fait réagir, notamment outre-Manche. Si bien que certaines chaînes se sont emparées du sujet, à l'instar de talkRADIO TV, antenne connue pour s'être opposée au port du masque et aux restrictions sanitaires. Interrogé le 3 décembre au matin, le député conservateur David Davis commente alors cette actualité. Et explique que, selon lui, cette prise de parole d'Ursula von der Leyen s'oppose au code de Nuremberg. 

Pour rappel, ce texte auquel fait référence l'élu britannique correspond à une liste de critères "non contraignants" définis durant le procès des médecins de Nuremberg, à l'issue de la Seconde guerre mondiale. Ce texte précise un certain nombre de conditions indispensables avant de rendre acceptables les expérimentations scientifiques sur un être humain, afin de ne pas répéter les erreurs commises sous l'Allemagne nazie. Ceci dit, et comme nous vous l'expliquions déjà ici, la vaccination actuelle contre le Covid-19 - qu'elle soit obligatoire ou non - n'est pas concernée par ce texte. Pour la simple et bonne raison que les vaccins ont eu une autorisation des agences sanitaires, européennes et nationales. 

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Toujours est-il que c'est cet avis de l'élu conservateur qui va enclencher la déformation des propos. Restée inaperçue, la séquence est ensuite partagée le vendredi au soir par un avocat californien adepte des théories anti-vaccin. Il va ensuite s'appuyer sur cette sortie pour affirmer, à peine deux heures plus tard, que la cheffe de l'UE "appelle à abandonner le code de Nuremberg et à rendre la vaccination obligatoire dans toute l'Europe". 

Une fake news reprise en chœur par la complosphère française. En tête de gondole, le directeur de la publication du blog France Soir. S'il prend les précautions de mettre son tweet au conditionnel - écrivant "si ceci est correct" - il propage, lui aussi, cette information dénuée de tout fondement. 

Il s'agit donc bel et bien d'une rumeur créée de toute pièce, partie d'une simple conférence de presse. Ursula von Der Leyen disait "étudier comment nous pouvons encourager et potentiellement penser à la vaccination obligatoire au sein de l'Union européenne", appelant à des "discussions". Des internautes, eux, ont entendu "l'UE veut la suppression du code de Nuremberg".

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Felicia Sideris

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