VIDÉO - 10.000 passages par jour : les États-Unis dépassés par la crise migratoire à la frontière mexicaine

par T.G.
Publié le 28 décembre 2023 à 14h40

Source : TF1 Info

Antony Blinken, chef de la diplomatie américaine, a effectué mercredi une visite express à Mexico.
Ces dernières semaines, quelque 10.000 personnes ont tenté chaque jour de traverser illégalement la frontière sud des États-Unis.
Une situation qui pèse sur l'administration Biden, surtout à quelques mois de l'élection présidentielle.

Un voyage d'urgence pendant les fêtes pour cause de crise migratoire. C'est la raison pour laquelle Antony Blinken, patron de la diplomatie américaine, s'est rendu mercredi 27 décembre au Mexique. La frontière entre les deux pays est en effet sous tension : environ 10.000 personnes tentent, chaque jour, de pénétrer sur le sol américain. Une situation inédite, qui fragilise l'administration Biden.

Selon un responsable du gouvernement américain, le rendez-vous entre Antony Blinken et le président Manuel Lopez Obrador se serait révélé fructueux. Les dirigeants mexicains ont décrit à la délégation américaine les nouvelles mesures prises par leur pays, notamment la répression des passeurs qui envoient les migrants vers la frontière des États-Unis en train ou en autobus. "Nous avons été vraiment impressionnés par certaines des nouvelles actions qu'entreprend le Mexique, et nous avons vu ces derniers jours une réduction assez significative des passages de la frontière", a déclaré un responsable américain.

Des autorités débordées

"Nous sommes parvenus à d'importants accords au bénéfice de nos peuples et de nos nations. Aujourd'hui plus que jamais, la politique de bon voisinage est nécessaire", a écrit sur X Manuel Lopez Obrador, sans donner plus de détails. Seule certitude : Mexico s'est engagé à renforcer les mesures de contention des migrants dans le sud du pays, à la frontière avec le Guatemala.

Ces "accords" suffiront-ils à endiguer un phénomène inédit ? Les autorités américaines semblent débordées à leur frontière, avec deux fois plus de tentatives d'entrées illégales qu'avant la pandémie. Une caravane de milliers de migrants a même quitté le sud du Mexique dimanche pour tenter de rejoindre les États-Unis, où de nouvelles mesures ont été prises.

"Personne ne va arrêter la migration"

Depuis mardi, l'administration a fermé les voies ferrées sur les ponts d'Eagle Pass et d'El Paso, au Texas, en raison d'une "résurgence" des entrées clandestines par les trains de marchandises. Le passage en véhicule est de nouveau suspendu à Eagle Pass depuis le début du mois, de même qu'un point de passage en Arizona et un autre en Californie, la police des frontières affirmant devoir redéployer ses effectifs pour les concentrer sur l'interception et l'enregistrement des migrants.

Malgré ce tour de vis, de nombreux observateurs redoutent une situation toujours critique sur le terrain. "Personne ne va arrêter la migration. Personne ne peut arrêter avec tout l'or du monde le fait que des gens cherchent de meilleures conditions de vie", a déclaré à la presse un activiste organisateur de cette marche, Luis Garcia Villagran. D'octobre 2022 à septembre 2023, l'administration américaine a recensé plus de 2,4 millions d'interceptions de migrants par voie terrestre.

Au-delà de l'urgence absolue en cette fin d'année à la frontière mexicaine, l'administration Biden redoute les conséquences politiques de cette crise migratoire. Tout d'abord au Parlement : les démocrates tentent actuellement de trouver un accord sur l'immigration avec les républicains au Congrès afin de faire approuver en parallèle des dépenses de 61 milliards de dollars pour aider Kiev dans sa guerre avec Moscou.

Sur le long terme, cette incapacité à gérer les flots d'étrangers pourrait avoir des conséquences à l'automne prochain, lors de l'élection présidentielle. Donald Trump, qui se prépare à affronter Joe Biden dans les urnes, a récemment redoublé ses attaques contre les migrants, les accusant d'"empoisonner le sang" des États-Unis. Des propos qui, selon ses détracteurs, font écho à la rhétorique nazie.


T.G.

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