Explosion à Beyrouth : le Liban toujours meurtri

À Beyrouth, cette artiste rénove les vitraux soufflés des églises

Publié le 25 décembre 2020 à 20h22
JT Perso

Source : JT 20h WE

À Beyrouth, les vitraux des églises n'ont pas résisté au souffle de l'explosion qui l'a ravagé l'été dernier. Depuis, les artisans, comme la maître verrière Maya Husseini, s'attellent à restaurer ces œuvres d'exceptions.

Le besoin de se recueillir n'a jamais été aussi fort pour les fidèles de l'église Saint-Joseph. Le 4 août dernier, leur église comme toute la ville a été touchée en son cœur. Pour le père Gabriel Khairallah, curé de cette église, sans ses vitraux, la messe ne peut pas être la même. "Avoir de beaux vitraux, c'est dire, on résiste et on veut perdurer dans le temps. J'espère les restaurer", dit-il.

Dans ce pays où la moitié de la population vit aujourd'hui sous le seuil de pauvreté, la reconstruction du patrimoine est loin d'être une priorité. Sauf pour Maya Husseini, vitrailliste sous le label Cèdre-Verre. Elle est la seule maître verrière du Liban et Beyrouth lui doit certains de ses vitraux les plus emblématiques. C'est une partie d'elle-même qu'elle a perdue le 4 août. Il lui a fallu deux années complètes de travail, rien que pour les vitraux de la cathédrale Saint-Louis, dont il ne reste rien. "J'étais très fière de l'avoir terminé. Et même pas 4 ans plus tard, voir tout ça par terre, c'est vraiment... des fois, je ne trouve plus mes mots", déplore la vitrailliste.

Le jour de l'explosion, c'est toute sa vie de travail qui a volé en éclats. Il ne reste que des morceaux des 108 m² de verre colorée du musée Sursock qu'elle avait restauré. Un à un, Maya Husseini les récupère dans son atelier.

Méthodiquement, reconstitué les pièces du tableau. Cette année, elle avait prévue de prendre sa retraite. C'est désormais, hors de question. Aujourd'hui, elle reprend ses archives pour recréer ses œuvres de A à Z. Des centaines de m² de viraux à façonner, morceau par morceau. Un travail titanesque. Elle sait qu'elle n'y arriverait pas seule. Alors, il y a urgence, son art, elle doit le transmettre. Depuis l'explosion, il y a quatre femmes autour, à qui elle apprend. La reconstruction, c'est aussi leur chantier.

Et Beyrouth commence déjà à scintiller de nouveau. Après trois mois de travail, l'église Saint-Joseph retrouve une partie de son décor flamboyant. "Je participe à quelque chose quand même dans l'histoire", dit Maya Husseini. Grâce à la générosité de donateurs privés, Maya Husseini espère pouvoir restaurer trois autres églises d'ici l'an prochain, pour faire renaître Beyrouth.


La rédaction de TF1info

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