VIDÉO - Argentine : des milliers de manifestants contre le "méga-décret" dérégulateur du nouveau président Javier Milei

par T.G.
Publié le 28 décembre 2023 à 13h50

Source : TF1 Info

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté mercredi à Buenos Aires contre un décret du gouvernement.
Le nouveau président, Javier Milei, souhaite déréguler massivement l'économie de l'Argentine.
Un projet "inconstitutionnel", selon ses détracteurs.

Javier Milei entame sa révolution libérale. Et s'attire les foudres d'une partie du peuple argentin. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté, mercredi 27 décembre, à Buenos Aires contre un décret de dérégulation publié par le nouveau président ultralibéral. Un texte illégal selon les syndicats, qui ont entamé un bras de fer avec leur nouveau dirigeant.

Les manifestants, à l'appel de plusieurs syndicats dont la grande centrale CGT, ont en effet accompagné le dépôt au Palais de justice d'un recours rejetant la conformité constitutionnelle de ce "méga-décret", comme baptisé par la presse. "Nous ne remettons pas en question la légitimité du président Milei, mais nous voulons qu'il respecte la séparation des pouvoirs. Les travailleurs ont besoin de défendre leurs droits lorsqu'il y a inconstitutionnalité", a déclaré à la presse Gerardo Martinez, dirigeant du syndicat de la construction, l'un des organisateurs.

Une première dans l'histoire argentine

Ce rassemblement était le troisième en une semaine contre Javier Milei. Il faut dire que le président argentin, surnommé le "Trump de la pampa", a entrepris une révolution économique qui passe mal auprès d'une frange de la population : dans l'histoire argentine, jamais un changement aussi radical et vaste n'avait encore été mené. Le train de dispositions de plus de 600 articles déposé mercredi touche au système électoral, visant la suppression des élections primaires obligatoires, coûteuses pour le contribuable, selon l’exécutif. Mais aussi au régalien, en renforçant les sanctions pénales pour entrave lors de manifestations. Les retraites ne sont pas épargnées, en prévoyant un mode de calcul automatique "économiquement viable".

Javier Milei a également listé les 41 entreprises publiques - dont le géant pétrolier YPF, la compagnie aérienne Aerolineas Argentinas, la société ferroviaire Ferrocarriles Argentinos - que l'État souhaite privatiser. Il "libéralise" aussi la sphère privée, avec l'instauration d'un "divorce express" par simple acte administratif.

Le décret entrera en vigueur vendredi, dans l'attente de sa validation effective par le parlement, qui ne devrait toutefois pas l'examiner dans l'immédiat pour cause de pause estivale. Pour que ce texte soit invalidé, il faudrait que la Chambre des députés et le Sénat à la fois le rejettent. Dans le cas contraire, il entrera donc en vigueur le 29 décembre. 

German Martinez, chef du parti d'opposition "Union por la Patria", a appelé Milei à convoquer des sessions parlementaires extraordinaires au lieu de gouverner par décret. "Envoyez les réformes sous forme de projets de loi. N'ayez pas peur du débat démocratique".


T.G.

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