VIDÉO - Au Salvador, une "ville-prison" pour intimider les gangs

par Delphine XAINTE
Publié le 16 mars 2023 à 17h22

Source : Sujet TF1 Info

2000 prisonniers ont été transférés dans la nouvelle méga-prison du Salvador qui peut en accueillir jusqu'à 40.000.
Une vidéo coup de poing qui est une démonstration de force du pouvoir en guerre contre les gangs "terroristes".

Un second transfert de 2000 prisonniers a eu lieu vers le CECOT, le tout nouveau "Centre de confinement du terrorisme" dont vient de se doter le Salvador, petit état d'Amérique centrale. Comme le montre les images officielles de la vidéo ci-dessus, tout est sous contrôle : l'arrivée se fait en pleine nuit, au pas de course, les détenus sont suivis au cours de leur trajet par des capteurs thermiques et des "matons" en nombre. Ils convergent dans une discipline des plus strictes vers leur point de regroupement avant d'être dispatchés dans leurs cellules. Une vidéo coup de poing, digne d'un film de guerre, qui vise à intimider.

"Aucune communication avec l'extérieur n'est possible"

La "ville-prison" comme est-elle parfois appelée, est installée à Izalco, à environ 50 kilomètres à l'ouest de la capitale San Salvador. Elle occupe une surface de 166 hectares (soit 1.66 km2) dont 23 rien que pour les bâtiments ultra-sécurisés. Elle compte quatre murs de clôture, dix-neuf miradors ainsi que des rangées de fils électriques de 15.000 volts ! Il ne fait pas de doute que les 40.000 détenus qui peuvent y être incarcérés seront bien gardés ; d'autant qu'en plus des gardiens de prison, 600 militaires et 250 policiers sont sur place. Aucune communication avec l'extérieur n'est possible. Les détenus en attente de verdict suivront leur procès en visio-audience depuis le CECOT.

"La plus grande prison d'Amérique"

Les autorités estiment qu'il s'agit de "la plus grande prison d'Amérique". Elle a été voulue et été inaugurée le 31 janvier dernier par le président Nayb Bukele après 7 mois de chantier. Bukele, un chef d'État antisystème et très populaire (mais controversé à l’international) a fait de la lutte contre les gangs son cheval de bataille depuis son élection en 2019. Les "maras" qui dictaient leur loi dans le pays depuis des décennies, n'ont plus qu'à bien se tenir ! C'est en tout cas le message fort que veut diffuser la présidence en faisant de cette opération spéciale de transfert une session de communication. Peu étonnant quand on songe que le président de 41 ans est un publicitaire reconverti dans la politique.

Certains militants des droits de l'homme ont critiqué le projet, avançant comme Celia Medraon "qu'il ne servait à rien d'attiser le feu sur une chaudière qui a atteint ses limites".


Delphine XAINTE

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