Affrontements à Brasilia : une capitale politique face aux émeutes

Léa Tintillier avec AFP
Publié le 8 janvier 2023 à 23h16

Source : TF1 Info

Des centaines de partisans de Jair Bolsonaro, ex-président d’extrême droite, ont envahi ce dimanche soir le Congrès, le palais présidentiel et la Cour suprême à Brasilia.
Focus sur cette capitale politique.

C’est le 21 avril 1960 que le Brésil inaugure en grande pompe sa nouvelle capitale, Brasilia. Ce projet pharaonique a émergé en moins de quatre ans, sur la savane rouge des hauts plateaux semi-désertiques dans le centre-ouest du pays, à un millier de kilomètres de Rio de Janeiro, capitale depuis 1763. Un lac artificiel, Paranoa, de plus de 40 kilomètres carrés, a même été aménagé. 

Aux commandes de l’œuvre -classée en 1987 au patrimoine de l’humanité – l’urbaniste Lucio Cosat, le paysagiste Roberto Burle Marx et l’architecte Oscar Niemeyer, récompensé en 1988 par le prix Pritzker, équivalent du Nobel pour l’architecture. 

L’inauguration de la "capitale de l’espoir", suivant la formule popularisée par le ministre français de la Culture André Malraux, coïncide avec l’anniversaire de la mort du premier martyr de l’indépendance du Brésil, surnommé "Tiradentes" (arracheur de dents), qui appelait à établir la capitale au centre du pays. 

À l’approche de l’événement, 24 heures sur 24, "cent mille ouvriers, ingénieurs et techniciens mettent la dernière main au plus grand chantier du monde". Le projet a été impulsé par le président brésilien Juscelino Kubitschek, pour qui "c’est une révolution géopolitique. Après avoir campé pendant presque deux cents ans au bord de l’eau, le Brésil va prendre possession de son territoire"

Brasilia "a la forme d’une circonférence – tellement vaste que du sommet du gratte-ciel de 28 étages où seront logés les services administratifs relevant du Parlement, les limites n’en seront pas visibles", décrit l’AFP. 

Quatre années après l'inauguration de sa nouvelle capitale, qui a plombé ses finances pour plusieurs années, le Brésil connaît un coup d'État, instaurant une dictature militaire jusqu'en 1985.


Léa Tintillier avec AFP

Tout
TF1 Info