"Un crime environnemental majeur" : l'ancien porte-avions Foch pourrait finir au fond de l'océan

par T.G.
Publié le 24 janvier 2023 à 12h48
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Le porte-avions Foch erre en mer à la recherche d'un port refuge.
Le Brésil, son propriétaire depuis 2000, souhaite le démanteler.
En attendant de trouver une solution, l'état du navire s'aggrave et les associations redoutent un désastre écologique s'il venait à couler.

L'ancien fleuron tricolore devenu "navire fantôme". Le porte-avions Foch erre depuis des mois en mer à la recherche d'un port refuge, en espérant éviter de terminer au fond de l'océan. Une fin de vie qui serait synonyme de drame environnemental : la vieille coque de 266 mètres de long est remplie d'amiante, de peintures et autres déchets toxiques.

L'ancienne gloire de la Royale, capable de catapulter des avions de 12 à 15 tonnes à une vitesse de 150 nœuds au décollage, a connu une lente descente aux enfers. Acheté par le Brésil en 2000, il change alors de nom, et devient le Sao Paulo. Mais, en raison de sa vétusté et d'une série de problèmes liés notamment à un incendie à bord survenu en 2005, et alors que sa modernisation aurait coûté trop cher, le pays avait décidé de s'en défaire.

La crainte d'une "opération sabordage"

En juin 2022, le chantier Sok Denizcilik avait obtenu l'autorisation des autorités brésiliennes de le convoyer jusqu'en Turquie en vue de son démantèlement. Mais, alors qu'il se trouvait au niveau du détroit de Gibraltar, fin août, les autorités environnementales turques avaient fait savoir qu'il n'était plus le bienvenu. L'ancien porte-avions était jusque-là tracté par un remorqueur néerlandais pour le compte du chantier turc Sok Denizcilik. Ce dernier l'a acheté pour sa ferraille en avril 2021, mais menaçait de l'abandonner faute de trouver un port pour l'accueillir.

Depuis, le Sao Paulo est dans l'impasse, ne trouvant aucun point de chute : le Brésil l'a fait revenir, mais sans l'autoriser à accoster, malgré le constat d'une "aggravation des dommages" au niveau de la coque. La marine brésilienne a malgré tout pris vendredi en remorque le navire dans l'océan Atlantique, à 315 kilomètres des côtes brésiliennes. Ce mardi, elle a fait savoir qu'au vu de son état de dégradation et "du risque élevé" qu'elle représente pour l'environnement, elle n'autorisera pas son retour dans un port ou dans les eaux territoriales brésiliennes.

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Les organisations de défense de l'environnement alertent sur le risque que l'ancien navire, construit à la fin des années 1950 à Saint-Nazaire, dans l'ouest de la France, termine sa vie au fond de l'océan. Elles redoutent notamment une "opération de sabordage" de la part des autorités brésiliennes. La marine du Brésil "s'apprête maintenant à perpétrer un crime environnemental majeur en mer", avertit Jim Puckett, directeur du Basel Action Network (BAN), disant dans un communiqué craindre qu'elle "coule" la coque "en utilisant une fausse excuse".

"C'est inquiétant d'avoir en mer un colis toxique de 30.000 tonnes dont on ne connaît pas le destinataire", s'alarme l'association Robin des Bois. Et les organisations environnementales en appellent au nouveau président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, investi le 1er janvier, qui, pour son troisième mandat à la tête du géant latino-américain, s'est dit prêt à se battre pour l'environnement. 


T.G.

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