Les dégâts matériels sont considérables ce jeudi à Montréal, particulièrement frappée par la tempête de verglas qui s'est abattue la veille sur l'est du Canada.
La moitié de la ville est sans électricité et toutes les écoles sont fermées.
Tandis que les rues sont jonchées d'arbres qui ont flanché sous le poids de la glace.

La ville de Montréal s'est réveillée ce jeudi matin, figée sous une énorme couche de glace, conséquence de la tempête de verglas qui s'est abattue mercredi 5 avril sur l'est du Canada. "Montréal est dévastée" mais la situation est "sous contrôle", a estimé le ministre québécois de l'Économie et de l'Énergie, Pierre Fitzgibbon, lors d'un point presse, alors que les alertes aux pluies verglaçantes ont été levées.

Feux de signalisation, vélos, voitures, végétation… Tout a été recouvert par une épaisse couche glacée. Les données préliminaires montrent que de 3 à 4 cm de verglas sont tombés sur la métropole francophone du Québec en quelques heures.

ANDREJ IVANOV / AFP

Un million de foyers privés d'électricité

Au total dans le pays, un peu plus d'un million de foyers étaient toujours privés d'électricité jeudi après-midi, dont la grande majorité au Québec, mais certaines lignes avaient pu être rétablies. Ces pannes sont dues principalement à la chute d'arbres qui ont flanché sous le poids de la glace et endommagé les lignes électriques.

Il s'agit pour le Québec de la plus grosse panne sur le réseau électrique depuis la crise du verglas de 1998, qui avait plongé la province dans le chaos pendant plusieurs semaines.

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Un homme tué sous le poids d'une branche

Les autorités ont appelé à la prudence, déconseillant notamment les zones boisées et à la population de s'approcher des arbres et des fils tombés au sol. Un homme d'une soixantaine d'années est mort ce jeudi matin, écrasé sous le poids d'une branche qu'il tentait de couper dans son jardin, à une soixantaine de km à l'ouest de la métropole francophone.

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Des centres ont été ouverts pour accueillir les habitants sans électricité, alors que les températures frôlent zéro degrés et que cela pourrait prendre plusieurs jours avant de rétablir le courant pour tout le monde. "Des 20 dernières années, c'est la pire tempête de glace que l'on a eu", raconte à l'AFP Jean-Marc Grondin. Ce retraité de 64 ans, qui habite le Plateau, un quartier central de la ville, est sorti pour voir le transformateur électrique qui a pris feu après la chute d'un arbre mercredi. 

Quelques mètres plus loin, des agents de la ville sont à pied d'œuvre : "Il y a beaucoup de rues bloquées, les arbres en travers de la rue, les voitures détruites. C'est étonnant qu'il n'y ait pas de morts", estime Samuel, un agent municipal. "Ça va prendre plusieurs semaines pour nettoyer toute la ville", ajoute-t-il, scie à la main, alors qu'il ramasse les branches d'arbres qui bloquent une rue. Des scènes de désolation sont par ailleurs visibles dans le parc Baldwin (ci-dessous).

En début d'après-midi, deux des principaux ponts de la ville restaient partiellement fermés. "Malheureusement, on peut penser qu'avec les changements climatiques, il va y avoir de plus en plus d'événements de ce type dans les prochaines années", a reconnu François Legault, Premier ministre du Québec.

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"C'est une journée difficile pour les Montréalais, pour les gens à travers le Québec et les parties de l'Ontario qui souffrent des pannes d'électricité", a déclaré de son côté le Premier ministre canadien Justin Trudeau, en déplacement à Montréal.


Virginie FAUROUX

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