Il est au cœur du nouveau déchaînement de violences qui sème le chaos en Haïti depuis plusieurs jours.
L'une de nos équipes avait rencontré l'an dernier le puissant chef de gang Jimmy Chérizier, alias "Barbecue".
"On n’est pas des gangs", affirmait alors celui qui aime, malgré sa réputation sanguinaire, se présenter comme un révolutionnaire.

"Nous devons nous unir. Soit Haïti devient un paradis pour nous tous, soit un enfer pour nous tous". L'influent chef de gang, Jimmy Chérizier, alias "Barbecue", a prévenu mardi : si le Premier ministre Ariel Henry ne démissionne pas et si la communauté internationale continue de le soutenir, le pays va "tout droit vers une guerre civile qui conduira à un génocide". Cet ancien policier de 46 ans, à la tête de la "famille G9", une coalition de plusieurs gangs qui sème la terreur dans le territoire caribéen, est au cœur de la recrudescence de violences de ces derniers jours, les différents groupes armés haïtiens ayant annoncé la semaine dernière se liguer contre le gouvernement. Depuis, les attaques contre des sites stratégiques, aéroport, académie de police ou prisons, se multiplient.

"On ne tue pas les gens pour le plaisir"

En avril 2023, le 20H de TF1 avait diffusé un reportage exceptionnel au cœur de l'enfer des gangs en Haïti, à retrouver dans la vidéo en tête de cet article. Nos journalistes Michel Scott et Antoine Pocry, qui avaient assisté à des scènes de guerre en plein jour et, notamment, suivi une utilité d’élite tentant de contre-attaquer, avaient alors rencontré "Barbecue". Notre reportage le montre donner, d'une main de fer, des ordres à ses hommes de main postés à la lisière de son fief. "Il faut que tu sois plus sur tes gardes, toi là-bas, tu ne regardes pas assez ce qui se passe derrière toi. Mets-toi plus à couvert !, l'entend-on intimer à l'un d'eux.

Jimmy Chérizier se présentait alors comme un protecteur pour les populations vivant sur son territoire, et il estimait que le chaos régnant dans le pays était la faute des politiques. "Ici, dans nos quartiers, on ne voit pas l’État. Ils prétextent qu’il y a de l’insécurité. Tout ça, c’est de la foutaise. Je ne sais pas pourquoi vous nous appelez gangs. Nous autres, on n’est pas des gangs. On est un groupe armé. Je dis qu’on est un groupe armé car on ne viole pas, on ne kidnappe pas, on ne tue pas les gens pour le plaisir", affirmait "Barbecue" face à notre caméra. 

Des propos qui contrastent avec la réputation sanguinaire de celui qui a été le premier à être inscrit, fin 2022, sur le tout nouveau régime de sanctions de l'ONU contre les bandes armées haïtiennes (interdiction de voyage, gel des avoirs, embargo ciblé sur les armes), comme nous vous l'expliquons dans ce portrait que nous avons publié jeudi.

Haïti : "Barbecue", ce chef de gang qui veut la guerre civile en HaïtiSource : TF1 Info

"Il aimerait bien qu’on l’appelle le Pancho Villa des Antibes ou le Robin des Bois des Caraïbes",  estimait ce jeudi (vidéo ci-dessus) Xavier de Giacomoni, éditorialiste international de LCI, mais c'est "un gangster, un mafieux".


La rédaction de TF1info

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