Taïwan : vif regain de tension entre la Chine et les États-Unis

"Zéro Covid", Taïwan, climat... Xi Jinping défend son bilan et menace, avant un troisième mandat quasi assuré

Benoit Leroy (avec AFP)
Publié le 16 octobre 2022 à 10h19
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Source : TF1 Info

En ouverture du congrès du Parti communiste, le dirigeant chinois est revenu sur les grands thèmes de sa politique.
Si la question de Taïwan a été évoquée par le président chinois, la guerre en Ukraine n'a pas été abordée.
Xi Jinping, à la tête de la Chine depuis 2012, se dirige vers un 3ème mandat sans partage.

Tous "unis", mais derrière lui. À l'occasion de l'ouverture du congrès du Parti communiste chinois, le président chinois Xi Jinping a vanté son bilan, alors qu'il est au pouvoir depuis 2012. De la question sanitaire au changement climatique, en passant par Taïwan, le dirigeant chinois a balayé large ce samedi 16 octobre, face aux 2300 délégués de son parti, réunis au Palais du peuple, place Tiananmen à Pékin.

"L'union fait la force, et la victoire requiert l'unité", a lancé le dirigeant de 69 ans qui a mené ces dernières années une redoutable campagne anti-corruption, destinée selon ses critiques à faire le ménage chez ses rivaux. Le maître de Pékin soulignant, par ailleurs, que "l'influence internationale de la Chine, son attrait et sa capacité à façonner le monde ont augmenté significativement".

"Zéro covid" : une politique qui fonctionne

La stratégie, décriée, du "zéro Covid" va-t-elle être maintenue ? À en croire le président chinois, il faut croire que oui. Selon lui, la Chine a "protégé au plus haut point la sécurité et la santé du peuple et obtenu des résultats significatifs en coordonnant prévention et contrôle de l'épidémie avec le développement économique et social". Pourtant, la quasi-fermeture du pays et les confinements à répétition ont mis un coup d'arrêt à la croissance économique, suscitant aussi la grogne populaire.

Autre grand thème abordé par Xi Jinping, celui de la Taïwan. Le régime chinois considère l'île comme faisant partie intégrante de son territoire. Le patron du Parti communiste chinois a, ainsi, fustigé les "forces extérieures" se mêlant de cette question. Une référence à peine voilée aux récentes visites d'élus américains, dont Nancy Pelosi. Par ailleurs, le 19 septembre dernier, Joe Biden avait affirmé que les États-Unis défendraient l'île en cas d'invasion chinoise. La Chine cherchera à réunifier Taïwan pacifiquement, mais ne "renoncera jamais à l'usage de la force" si besoin, se réservant "la possibilité de prendre toutes les mesures nécessaires", a-t-il menacé.

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Sur la guerre en Ukraine, un silence assourdissant

Suite à la visite de la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Pékin avait mis en place une série de mesures de rétorsion. Parmi elles, la suspension de la coopération avec Washington sur le changement climatique. Cependant, Xi Jinping a tout de même assuré face à son auditoire que son pays allait "participer activement" à la lutte contre le réchauffement climatique. Reste à savoir comment.

Grande absente de ce discours long de plus d'une heure et demie, la guerre en Ukraine. Tout en affirmant que la Chine est "résolument opposée à toute forme d'hégémonie" et qu'elle s'opposait "à la mentalité de Guerre froide", Xi Jinping s'est abstenu de mentionner le conflit entre Moscou et Kiev. Idem pour la guerre commerciale qui se joue entre les Chinois et les Américains depuis plusieurs années.

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Au pouvoir depuis 2012, le président devrait, sauf coup de théâtre, obtenir un troisième mandat de cinq ans à la tête du parti, et donc du pays. Ce nouveau sacre est attendu le 23 octobre au lendemain de la clôture du congrès. Un point crucial sera la composition du futur Comité permanent, ce groupe de sept ou neuf personnalités au plus haut sommet du pouvoir. Mais Xi Jinping ne devrait, selon les analystes, donner aucune indication quant à un possible successeur.


Benoit Leroy (avec AFP)

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