Le 20e congrès du Parti communiste s'est ouvert à Pékin pour reconduire Xi Jinping.
La politique anti-Covid du président est parmi les plus répressives au monde.
Des confinements répétés, désormais jugés "absurdes" par des habitants épuisés.

En Chine, la politique "zéro Covid" est implacable. Frontières fermées, routes bloquées, transports publics suspendus, confinements forcés dans des aéroports, quarantaines extrêmement strictes… Depuis trois ans, les mesures sanitaires drastiques donnent à l'Empire du milieu des airs de gigantesque prison. Alors que les 2.300 délégués du Parti communiste chinois sont réunis depuis ce dimanche pour leur 20e Congrès, cette guerre de Pékin contre l'épidémie est désormais contestée au sein de la population. 

La découverte de quelques nouveaux cas, d'un nombre bien inférieur aux standards occidentaux, est synonyme de durcissements ciblés des restrictions, dont la remise sous cloche de dizaines de millions d'habitants. "Pas eu le temps d'acheter à manger ni à boire, c'est très compliqué sur l'aspect logistique. Avec surtout aucune visibilité", dénonce Timothée Baret, un touriste français à Kashgar, dans le reportage de TF1 en tête de l'article. Cet expatrié est en quarantaine forcée depuis dix jours, malgré l'absence de cas de Covid dans la ville.

Braver les mesures sanitaires passible d'humiliation publique

Le pouvoir met la pression pour empêcher à tout prix la propagation du virus. Reconnaissance faciale, caméras thermiques... La vidéosurveillance est de mise partout. Pour autant, cette politique "zéro Covid" inédite à l'échelle internationale n'empêche pas les Chinois de contourner les interdictions. L'équipe de TF1 s'est ainsi rendue dans une fête clandestine au sous-sol d'un bâtiment désaffecté de Pékin. 

Tout en restant anonymes et floutés, les organisateurs ont exceptionnellement accepté de s'exprimer devant notre caméra. "Bien sûr, c'est dangereux [d'enfreindre la réglementation sanitaire, ndlr]. Mais les jeunes ont besoin de décompresser !", assume l'un d'entre eux, pendant que les participants profitent de la soirée illégale pour danser, boire de l'alcool et fumer, sans masque ni distanciation sociale. La discrétion est impérative, car braver les ubuesques règles sanitaires est passible d'humiliation publique. En décembre 2021 à Jingxi, quatre hommes, accusés d'avoir aidé des étrangers à entrer en Chine, ont ainsi été menottés et forcés de défiler dans les rues avec une pancarte. 

Épuisés par d'interminables confinements, des citoyens tentent d'alerter sur les dérives de la stratégie "zéro Covid". On observe de rares cas de désobéissance civile, alors que de nombreux Chinois dénoncent aussi sur les réseaux sociaux les pénuries de produits de première nécessité, notamment des médicaments ou du lait maternel.

Siyuan Zhuji a ainsi mis en ligne des vidéos filmées avec une caméra dans sa bouche, pour dénoncer la frénésie des tests PCR. "Les gens ne peuvent pas trop s'exprimer sur le sujet donc je me dis que mes vidéos peuvent générer certaines idées", explique cet artiste de Nanjing. Jeudi, sur un pont de Pékin, un activiste a brandi une banderole contre la politique sanitaire de Xi Jinping, des images vite censurées après leur diffusion sur des réseaux sociaux chinois. 


Mathilde Joris | Reportage TF1 Justine Jankowski, Marine Zambrano

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